Emmanuel Macron a estimé indispensable que la France se lance dans un nouvel effort de réarmement au moment où la pénurie budgétaire est extrême. « Jamais, sans doute, notre liberté n'avait été si menacée », a-t-il estimé pour justifier cet engagement afin de renforcer un outil militaire fortement dégradé par des années de sous-investissement dans les années 2000/2010. Le budget des armées, qui s'élevait à 32,2 milliards d'euros à l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée en 2017, devrait atteindre 64 milliards en 2027, l'année de son départ si bien sûr l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) est votée à l'automne par le Parlement. Soit un quasi-doublement du budget avec deux ans d'avance par rapport à l'actuelle trajectoire de la LPM qui anticipait 63,9 milliards en 2029 (puis 67,4 milliards en 2030).
Sur la période 2026-2027, le ministère a reçu le feu vert du président de dépenser 10 milliards d'euros supplémentaires : une première marche budgétaire de 3,5 milliards d'euros en 2026, suivie d'une nouvelle de 3 milliards en 2027. Le Chef de l'État ne s'est pas engagé au-delà de 2027. Les marches budgétaires supplémentaires pourraient toutefois générer sur toute la durée de la LPM près de 30 milliards d'euros de plus (29,5 milliards entre 2026 et 2030 : 3,5 milliards en 2026, 6,5 milliards en 2027, 6,5 milliards en 2028, 6,5 milliards en 2029 et 6,5 milliards en 2030). Mais ce sera au Parlement d'en décider...
Selon le président, « cet effort nouveau, historique et proportionné est crédible. Il est indispensable, il est juste ce qu'il nous faut, mais vraiment ce qu'il nous faut ». Cet effort est bien calibré pour faire face à des menaces déjà existantes, notamment générées par la Russie, mais qui se renforcent. Il permettra au ministère d'investir des programmes dans la LPM qui étaient encore en manque de financements et de lancer de nouveaux programmes.