DCNS victime d'une fuite massive de données sur son sous-marin Scorpène

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Les fuites pourraient venir d'Inde, où un Scorpène a été livré en fin d'année dernière à Bombay (photo) et devrait intégrer la marine indienne dans quelques semaines.
Les fuites pourraient venir d'Inde, où un Scorpène a été livré en fin d'année dernière à Bombay (photo) et devrait intégrer la marine indienne dans quelques semaines. (Crédits : REUTERS/Shailesh Andrade)
Les 22.400 pages de données, consultées par le journal The Australian, décrivent les sondes des vaisseaux et les systèmes de communication et de navigation. De quoi inquiéter l'Inde et le Brésil, qui utilisent le sous-marin, ainsi que l'Australie, où DCNS a remporté un contrat en or fin avril.

[Article publié à 8h59 et mis à jour à 14h15]

Les révélations sont fâcheuses, et préoccupantes pour DCNS. Le constructeur naval français a été victime d'une fuite massive d'informations techniques sur ses sous-marins Scorpène, rapporte mercredi le journal The Australian. Le groupe DCNS, détenu à 62% par l'Etat français, a indiqué à l'AFP que "les autorités nationales de sécurité" françaises "enquêtent", sans donner plus de détails. "Cette enquête déterminera la nature exacte des documents qui ont fait l'objet de ces fuites, les préjudices éventuels pour nos clients ainsi que les responsabilités", a ajouté le groupe.

Des informations sensibles mais non confidentielles

Les 22.400 pages divulguées, que le quotidien australien affirme avoir consultées, détaillent les capacités de combat des Scorpène de la DCNS, conçus pour la marine indienne et dont plusieurs unités ont été achetées par la Malaisie et le Chili. Le Brésil doit lui aussi déployer ces submersibles à partir de 2018. Concrètement, les documents décrivent les sondes des vaisseaux, leurs systèmes de communication et de navigation, et 500 pages sont consacrées exclusivement au système de lance-torpilles. Selon le quotidien, DCNS aurait laissé entendre que les données pourraient provenir d'Inde plutôt que de France, après avoir été emportées hors de l'Hexagone par un ancien officier de la marine française en 2011. Il s'agirait, selon l'entreprise, d'éléments sensibles mais "non non critiques et non confidentielles".

Le constructeur naval a déclaré mercredi ne pas pouvoir exclure la thèse de la "guerre économique", la concurrence dans le domaine étant "de plus en plus dure""Nous, nous ne pouvons pas nous avancer sur des allégations qui sont faites. C'est pour cela que nous demandons aux autorités de faire une enquête", a toutefois tempéré une porte parole de DCNS interrogée par Reuters.

L'Australie pas concernée par le Scorpène

La fuite pourrait également inquiéter l'Australie, qui a octroyé en avril un contrat de 50 milliards de dollars australiens (38 milliards de dollars US) au groupe DCNS pour concevoir et fabriquer sa prochaine génération de submersibles.

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a reconnu que cette fuite était "préoccupante" tout en en relativisant l'impact éventuel pour l'Australie. "Le sous-marin que nous construisons ou que nous allons construire avec les Français s'appelle le Barracuda, et est totalement différent du Scorpène conçu pour la marine indienne", a-t-il dit à la chaîne australienne Channel Seven. "Nous avons les dispositifs de protection de nos informations de Défense les plus élevés, que ce soit dans le cadre d'échanges avec d'autres pays ou en Australie", a-t-il ajouté.

Lire aussiLe succès australien de DCNS et les trois défis maritimes de la France

Bien que le contrat des sous-marins australiens soit revenu à la DCNS,  le système de combat secret des 12 sous-marins Shortfin Barracudas est fourni par les Etats-Unis. Les submersibles australiens sont des versions réduites des Barracudas français. Ils devraient être mis en service dans une dizaine d'années.

(Avec AFP)

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a écrit le 25/08/2016 à 16:11 :
Espérons seulement que la sécurité sur les bâtiments est supérieur à celle sur la documentation. Cela ne fait tout de même pas très sérieux.
a écrit le 25/08/2016 à 10:55 :
Si les entreprises utilisaient le Systeme Squareway de vivaction pour la protection voix et data sur mobile. !!! Il y aurait moins de fuites à droite et gauche
a écrit le 24/08/2016 à 19:26 :
Cet ancien officier parti en 2011 aurait peut etre voulu artondir sa retraite !
Si cela se confirme , il faut prendre des mesures pour mettre hors d'etat de nuire ce traitre de maniere a ce qu'il ne profite pas de ses gains. Pourvu qu'il ne lui arrive pas un accident .
Réponse de le 24/08/2016 à 20:40 :
Il n'a rien à craindre. Le délit de haute trahison a été abolie par sarkosy !
Ou bien cet homme est issue de "la diversité" et il est retourné chez lui en Asie
a écrit le 24/08/2016 à 18:36 :
22 000 page quand même !

Avec Mr Hollande aux commandes, la France n'a pas besoin d'ennemis. Après la trahison des contrats avec la Russie aux dépends de nos chantiers navals, donc DCNS, l'assassinat d'une dizaine de nos ingénieurs, voilà un autre coup de boutoir dont on ne mesure pas encore les conséquences.
Comment les services de l’état ont pu faire preuve d'une tel négligence et désinvolture? Rien n'aurait dû fuiter, rien. Mais la volonté de faire du transfert de technologie à tout prix pour vendre à tout prix et satisfaire la CGT sur le maintien de quelques emplois nous amène ce genre de scénario cauchemardesque.
Il ne faut pas rêver, cette fuite n'est pas un espionnage technique mais vise à casser une fois pour toute la crédibilité de notre pays, sa fiabilité, bien entamé déjà par les revirements de "Moi président".
La Norvège achètera Scorpène après ça? Faut être naïfs pour le croire.
La vente de ce sous marins est condamnée !
Réponse de le 24/08/2016 à 20:32 :
Oui bien sûr "c'est la faute à Hollande". Pour un contrat signé au milieu des années 2000 et une fuite qui semble avoir eu lieu en 2011...

Pas de politique de caniveau, je vous en prie, il y a déjà suffisamment de débats débiles. Parlons plutôt cybersécurité, guerre économique, des questions bien plus pertinentes qui ne limite pas la discussion à un clivage politique.
Réponse de le 25/08/2016 à 12:33 :
Vous n'avez pas l'air très bien informé :
"L'assassinat d'une dizaine d'ingénieurs" sous la présidence Chirac, ainsi que les activités d'un ancien officier en 2011, seraient de la faute d'Hollande ?
a écrit le 24/08/2016 à 17:22 :
22400 pages ! C'est une bibliothèque ! En tout cas ce n'est pas du secret défense le seul label vraiment sérieux . Le reste c'est du descriptif , du mode d'emploi , de la maintenance ... à partir du moment où un matériel est diffusé tout est rapidement connu mais chaque client élabore chez lui les choses vraiment secrètes comme les contremesures par exemple .
Réponse de le 24/08/2016 à 23:58 :
Exact, ça ne vaut rien, sûrement déjà connu des services espions étrangers.
Travaillant avec des indiens, je ne suis pas étonné, le secret n'existe pas pour eux, tout se sait!
a écrit le 24/08/2016 à 17:17 :
On n'a pas de bol. Mais ce n'est pas grave. Cela n'est qu'une fuite au compte gouttes. Et ça a duré depuis 5 ans. Voyez vous on n'est pas encore coulé
Réponse de le 24/08/2016 à 18:53 :
On n'a juste, pas de bol. " Mais à part çà, Madame La Marquise, tout va très bien tout va très bien, on déplore...etc...."
a écrit le 24/08/2016 à 17:12 :
" Système de combat secret mais non confidentiel " çà veut dire quoi ?
a écrit le 24/08/2016 à 16:45 :
22400 pages " sensibles mais non confidentielles " ???? !!!!!!!! Quelle sémantique, pour rassurer, et ne pas etre discrédité pour de futures commandes.
a écrit le 24/08/2016 à 14:25 :
Visez du côté des teutons en concurrence avec la DCNS qui veulent vendre leurs sous-marins a un pays nordique car en cas d'échec de leur offre c'est la faillite . Nos fidèles liés européens, il serait peut-être bon que nos services nationaux organisent un coupe-feu ou une autre fuite à leur détriment.
Et merci à notre Président de sans dents, sans lunettes, sans soins, qui fait tout pour protéger les emplois français.
Réponse de le 24/08/2016 à 16:48 :
Les Allemands n'étaient pas les premiers concurrents de DCNS, car ils n'avaient pas d'expérience dans la construction de sous-marins de ce poids. Ces contrats sont lourds, et les compétences technologiques très précises, donc chacun des acteurs se spécialisent. Le fait que les Japonais soient écartés était moins attendu. Ils ont les compétences techniques, technologiques. Ils avaient également un avantage géostratégique que n'avait pas la France. Cela montre juste que nous avons pu répondre aux attentes des Australiens. Les russes et les chinois sont coutumiers de faire capoter des projets...
a écrit le 24/08/2016 à 13:42 :
Mieux vaut une fuite massive de données qu'une fuite à bord sur ces engins là !
Réponse de le 25/08/2016 à 10:01 :
L'un n'empêche pas l'autre :)
a écrit le 24/08/2016 à 12:09 :
Mieux vaut une fuite de données, qu'une fuite à la coque.............de noix !!
a écrit le 24/08/2016 à 11:30 :
Un lanceur d'alerte?
Réponse de le 24/08/2016 à 14:22 :
Non, ceux ne sont pas des alertes qu'il lance cet engin là.
a écrit le 24/08/2016 à 10:59 :
la guerre économique fait rage (comme le laisse entendre DCNS), facilitée par le numérique.
a écrit le 24/08/2016 à 9:34 :
Avant que les pleurnicheurs habituels viennent poser leurs commentaires sur le mode "la France c'est nul" : les glorieux Etats-Unis eux-mêmes ont été victimes de fuites similaires (en particulier sur le programme F-35). Ce sont des choses qui arrivent, malheureusement.Et de fait, je ne serais pas du tout surpris que la faute vienne effectivement d'ailleurs que DCNS, les Indiens n'ayant pas jusqu'ici impressionné par leur professionnalisme en matière d'acquisitions militaires...

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