Lürssen, ce chantier naval allemand discret qui surfe sur des marchés compliqués
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Lürssen est sur le point de réussir deux très beaux coups commerciaux à l'exportation, l'un en Bulgarie (deux patrouilleurs armés de type OPV 80 ou 90) et l'autre en Égypte (10 patrouilleurs intercepteurs). Le chantier naval allemand, qui s'est récemment allié avec German Naval Yards Kiel (GNYK), va très prochainement engranger deux contrats, l'un évalué à 503 millions d'euros auprès de Sofia, et l'autre de 130 millions d'euros auprès du Caire.
En dépit d'un recours du chantier italien Fincantieri, la Bulgarie souhaite entériner le contrat avec Lürssen, qui a déjà vendu ce type d'OPV (1.640 tonnes) à l'Australie dans le cadre du projet Sea Project. Sofia a déjà budgété plus de 85 millions d'euros dans le budget 2021. Il est également prévu que Lürssen prenne une participation minoritaire dans le chantier local MGT Dolphin, qui devrait avoir de la charge dans le cadre de ce contrat (assemblage). Pour armer ce navire notamment de missiles anti-navires, MBDA est sur le pont selon nos informations mais le missilier européen a face à lui une concurrence européenne redoutable, le suédois Saab et le norvégien Kongsberg allié aux américains.
La France, qui s'est faite rouler dans la farine deux fois par les Bulgares, peut nourrir quelques regrets. Ce projet d'achat de deux patrouilleurs est un très vieux projet de la Bulgarie, qui remonte à plus dix ans. A l'époque, DCNS (devenu depuis Naval Group) rêvait de créer un club Gowind sur les rives de la Mer noire avec la Bulgarie, la Géorgie et la Roumanie, qui a sélectionné le groupe tricolore. Après avoir choisi en 2007 Naval Group, puis annulé cet accord pour des raisons budgétaires (1 milliard d'euros), Sofia avait relancé en 2017 un nouvel appel d'offres pour acquérir deux patrouilleurs.
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Alors que Naval Group, qui était appuyé par Emmanuel Macron, semblait être le favori en proposant deux OPV Gowind à Sofia, il s'est fait doubler par le chantier naval bulgare MTG Dolphin, qui a proposé un patrouilleur modulaire à la marine bulgare (420 millions d'euros environ). Un contrat qui a été in fine également annulé pour finir dans le carnet de commandes de Lürssen.