Naval militaire allemand : ThyssenKrupp Marine Systems, chronique d'un déclin (1/2)
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ThyssenKrupp Marine Systems est un chantier naval sans... chantier.
ThyssenKrupp Marine Systems
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ThyssenKrupp Marine Systems est un chantier naval sans... chantier.
ThyssenKrupp Marine Systems
En France, le rapprochement stratégique entre Lürssen et German Naval Yards Kiel (GNYK) annoncé mi-mai en a surpris plus d'un. A commencer par le nouveau patron du GICAN, Hervé Guillou, qui n'y croyait pas vraiment. "Pas sûr que l'alliance soit structurelle car elle implique deux entreprises familiales sur les trois, expliquait-il à l'Assemblée nationale le 23 avril. TKMS (ThyssenKrupp Marine Systems, ndlr) n'a plus dans les bâtiments de surface qu'un bureau d'étude, très marginal. Une alliance capitalistique est très improbable à ce niveau". Certes, le rapprochement ne concerne que deux des trois chantiers allemands mais rien ne dit que TKMS ne rejoigne pas un jour Lürssen et GNYK.
Ce mouvement d'ampleur stratégique, extrêmement dangereux pour Naval Group, n'a pas seulement abouti à la création d'un champion national allemand dans la construction de surface mais il a également provoqué le confinement stratégique (provisoire ?) de TKMS. Pourtant ce dernier était dans les années 2000 le champion national allemand aussi bien incontournable dans les sous-marins que dans les bâtiments de surface. Comment de champion national est-il passé à un tel confinement stratégique? Retour sur une chronique d'un crash annoncé.
La chute de la maison TKMS dans la construction militaire de surface commence à partir de 2011. Car avant, note un observateur, le chantier était considéré "à juste titre comme le leader allemand de la construction de surface : c'était autour de lui que s'organisaient les consortia industriels, soit pour conduire les programmes d'armement domestiques soit pour remporter les marchés export". Les autres chantiers allemands ne possédaient pas encore en propre ou pas à ce degré-là les trois instruments clés d'un chantier mondial : un bureau d'études de haut niveau, des sites pour la production de bâtiments lourds et complexes et un réseau commercial international dynamique.
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Mais avant cette date, les prémices du crash se mettent lentement en place. "Peu à peu, cette position de leader s'est affaiblie sous le coup des erreurs stratégiques de la holding de tête, ThyssenKrupp, née de la fusion en 1998 des deux géants de l'acier", rappelle cet observateur. L'acier, cœur du groupe, a donné lieu à des investissements (États-Unis, Brésil) qui se sont révélées catastrophiques, amplifiées par la crise de 2008 et 2009 et le prix des matières premières. ThyssenKrupp construit en 2006 deux aciéries, au Brésil et aux États-Unis, très vite surdimensionnées. La facture finale de l'aventure sidérurgique américaine de ThyssenKrupp en Alabama et à Rio de Janeiro aura été un désastre financier : ce projet engloutit 12 milliards d'euros. Très clairement, le Kaiser de l'acier encaisse une "kolossale" déroute.