Naval militaire allemand : ThyssenKrupp Marine Systems, chronique d'un déclin (1/2)

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ThyssenKrupp Marine Systems est un chantier naval sans... chantier.
ThyssenKrupp Marine Systems est un chantier naval sans... chantier. (Crédits : ThyssenKrupp Marine Systems)
ThyssenKrupp Marine Systems était dans les années 2000 le champion national allemand aussi bien incontournable dans les sous-marins que dans les bâtiments de surface. Mais depuis 2011, il doit faire face à un déclin et a été mis hors-jeu de la consolidation allemande dans le naval militaire.

En France, le rapprochement stratégique entre Lürssen et German Naval Yards Kiel (GNYK) annoncé mi-mai en a surpris plus d'un. A commencer par le nouveau patron du GICAN, Hervé Guillou, qui n'y croyait pas vraiment. "Pas sûr que l'alliance soit structurelle car elle implique deux entreprises familiales sur les trois, expliquait-il à l'Assemblée nationale le 23 avril. TKMS (ThyssenKrupp Marine Systems, ndlr) n'a plus dans les bâtiments de surface qu'un bureau d'étude, très marginal. Une alliance capitalistique est très improbable à ce niveau". Certes, le rapprochement ne concerne que deux des trois chantiers allemands mais rien ne dit que TKMS ne rejoigne pas un jour Lürssen et GNYK.

Ce mouvement d'ampleur stratégique, extrêmement dangereux pour Naval Group, n'a pas seulement abouti à la création d'un champion national allemand dans la construction de surface mais il a également provoqué le confinement stratégique (provisoire ?) de TKMS. Pourtant ce dernier était dans les années 2000 le champion national allemand aussi bien incontournable dans les sous-marins que dans les bâtiments de surface. Comment de champion national est-il passé à un tel confinement stratégique? Retour sur une chronique d'un crash annoncé.

2011, un avant et un après

La chute de la maison TKMS dans la construction militaire de surface commence à partir de 2011. Car avant, note un observateur, le chantier était considéré "à juste titre comme le leader allemand de la construction de surface : c'était autour de lui que s'organisaient les consortia industriels, soit pour conduire les programmes d'armement domestiques soit pour remporter les marchés...

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Commentaires
a écrit le 25/05/2020 à 11:22 :
L'Allemagne n'est pas une puissance navale, bordee par la mer Baltique, et la mer du Nord, verrouillee par la Grande-Bretagne, les Pays-bas, la France, l'Espagne, elle n'est pas ouverte aux oceans. Prenons-en conscience.
Réponse de le 25/05/2020 à 15:02 :
Vous avez raison, mais je ne suis pas sur que cela a une importance si cruciale puisque l'Allemagne est entourée d'alliés qui lui donnent accès à l'océan. C'est la volonté publique qui a un impact, jumelé à l'intelligence industrielle et commerciale. TKMS a un grand historique dans le sous-marins exporté, malgré l'accès maritime restreint et une volonté politique restreinte, mais clairement, il y a une expertise commerciale et industrielle qui a permis cette réussite. Idem dans le yacht d'affaires, pourtant peu de ces bateaux doivent naviguer dans les froides eaux baltiques. Après tout, les suisses font partie des plus grands transporteurs maritimes mondiaux...

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