Naval militaire allemand : ThyssenKrupp Marine Systems en confinement stratégique (2/2)

 |   |  2392  mots
Le programme MKS 180 a fait figure d'électrochoc pour consolider l'industrie navale militaire allemande à l'exception de TKMS, qui pourrait finir dans le portefeuille de Rheinmetall (sous-marin) et de Lürssen/German Naval Yard Kiel (bâtiment de surface) à terme
Le programme MKS 180 a fait figure d'électrochoc pour consolider l'industrie navale militaire allemande à l'exception de TKMS, qui pourrait finir dans le portefeuille de Rheinmetall (sous-marin) et de Lürssen/German Naval Yard Kiel (bâtiment de surface) à terme (Crédits : Deutsche Marine)
Mis au ban par la Deutsche Marine et la DGA allemande (BAAiNBw), ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) est isolé. Pour autant, la filiale marine de l'ancien kaiser de l'acier ThyssenKrupp, devrait rejoindre l'orbite de Lurssen/German Naval Yard Kiel (bâtiment de surface) et de Rheinmetall (sous-marins).

En juillet 2015, le coup porté par la ministre de la Défense allemande est rude, très rude pour ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). Mais le chantier allemand qui poursuit son déclin inexorable depuis 2011, ne peut pas vraiment en mesurer encore à cette époque toutes les conséquences. A juste titre... Mais la décision d'Ursula von der Leyen d'ouvrir le plus important programme de la marine allemande de tous les temps en termes de coûts (frégates lourdes MKS 180) à la compétition européenne, est le début de la fin pour TKMS. La ministre envoie ainsi un signal fort et clair à son champion national, qui a fait preuve d'arrogance toutes ces dernières années sans être irréprochable.

Les nombreux déboires des programmes de TKMS

Leader de la construction navale allemande militaire - un secteur qui réalise 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en moyenne -, le constructeur de bâtiments de surface et de sous-marins s'est pourtant ces dernières années mis à dos la Deutsche Marine et la DGA allemande (BAAiNBw). Car, bien avant la décision stratégique d'Ursula von der Leyen de lancer un appel d'offres européen, "TKMS a progressivement perdu son savoir-faire, déstabilisé par l'instabilité de son management direct ou indirect", rappelle un observateur de l'industrie navale militaire. En effet, le chantier s'est progressivement délesté de ses activités de constructions civiles et militaires de surface en vendant les chantiers de Nordseewerke Emden (2010), HDW-Gaarden (Kiel, 2011) et Blohm + Voss Shipyards (Hambourg, 2012).

Les déboires inquiétants des programmes de corvettes K130, de frégates de défense aérienne F124 et de frégates F125 et des sous-marins du type 212, ont effectivement tous accumulé des années de retard et de surcoûts. Certain évoque 30% de surcoûts pour le programme F125, dont le premier exemplaire a dû revenir dans les chantiers pendant plus d'un an. "Les relations entre TKMS et les autorités allemandes étaient épouvantables", confie un témoin. Les différents programmes ont en outre affiché des performances bien moindres que leur cahier des charges avait pourtant prévu.

Cela a "révélé de graves défaillances techniques et technologiques que les différents rapports sur l'armement (Rüstungsbericht) ont détaillées, année après année, explique cet observateur. L'arrogance de TKMS vis-à-vis de la marine et du BAAiNBw en dépit de ses faiblesses patentes de maîtrise d'œuvre de systèmes navals complexes" a fini de décider la ministre de passer par un appel d'offres européen sur les frégates MKS 180. Et d'ouvrir les portes de la construction navale militaire allemande pour la première fois depuis plus d'un siècle et demi...

Par ailleurs, l'arrogance de TKMS lui a également valu un sérieux revers en Europe, et plus précisément en Suède. Il a sacrifié à Singapour les intérêts de sa filiale Kockums,...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :