MBDA est sur une belle trajectoire ascendante. Et ce pour plusieurs années. Tous les voyants du missilier européen sont au vert. Si le chiffre d'affaires est resté stable l'année dernière (4,2 milliards d'euros), le carnet de commandes s'est quant à lui envolé à 22,3 milliards d'euros grâce à une année commerciale record en 2022 (9 milliards d'euros). Soit un book-to-bill (ratio commandes sur chiffre d'affaires) au-dessus de 2. Le résultat opérationnel est également en hausse, passant de 344 millions en 2021 à 386 millions d'euros en 2022, selon nos informations. Pour pouvoir livrer dans les délais, MBDA va continuer à embaucher massivement en 2023 avec un plan de recrutement record de plus de 2.000 nouveaux salariés après en avoir déjà recruté 1.570 en 2022.
Un carnet de commandes qui ne doit rien ou très marginalement à la guerre en Ukraine. « En 2022, il n'y a pas eu d'impact de la guerre en Ukraine sur les résultats de MBDA mais la situation a généré beaucoup de défis », a expliqué le PDG du missilier européen, Eric Béranger. Ainsi, les commandes additionnelles d'ampleur modeste passée par le ministère des Armées n'ont concerné qu'une centaine de missiles sol-air de très courte portée Mistral. En revanche, le missilier a su profiter des nombreuses inquiétudes au plan mondial liées aux tensions et aux crises internationales pour gagner des contrats portant sur l'armement des avions (Rafale notamment aux Émirats Arabes Unis, qui a acheté pour 2 milliards d'euros de missiles) et des navires de combat (frégates FDI en Grèce) mais aussi en Pologne (défense aérienne avec le CAMM).