Airbus Helicopters a jeté l'éponge dans une campagne commerciale jugée stratégique. Le 30 août, le constructeur de Marignane n'a pas souhaité répondre à l'invitation à négocier (ITN) du ministère de la Défense britannique (MoD) pour le renouvellement de la flotte des Puma de l'armée de l'air. Tout comme l'américain Lockheed Martin. « À contrecœur, nous avons pris la décision de nous retirer de la compétition », a expliqué dans une déclaration la filiale hélicoptériste d'Airbus. Seul l'italien Leonardo Helicopters a répondu à l'ITN et reste en course pour l'appel d'offres britannique portant sur l'acquisition du nouvel hélicoptère moyen (NMH). Clairement, le groupe italien est en pole pour remporter ce marché pouvant aller jusqu'à une quarantaine de machines. Soit une méga-commande évaluée à 1,2 milliard d'euros. Le MoD doit désigner le vainqueur début 2025.
Pour autant, Londres pourrait changer son fusil d'épaule. Le 16 juillet 2024, le nouveau Premier ministre a lancé une étude stratégique de défense (SDR) pour « s'assurer que le Royaume-Uni est à la fois en sécurité dans son pays et fort à l'étranger - maintenant et pour les années à venir ». La SDR doit déterminer les capacités et les réformes nécessaires pour la politique de défense britannique en vue de relever les défis et les menaces du XXIe siècle. Le rapport final, qui sera confié au Premier ministre, au Chancelier et au secrétaire à la défense, est attendu au cours du premier semestre 2025.
Pourquoi ce refus d'obstacle de la part d'Airbus Helicopters ? Beaucoup trop risqué, selon le constructeur. « Suite à la publication de l'ITN pour le nouvel hélicoptère moyen britannique (NMH), nous avons pu examiner les exigences en détail. (...) Nous avons conclu que nous ne sommes pas en mesure de formuler une offre responsable qui satisferait en parallèle les exigences du client et fournirait des rendements à long terme adéquats à l'entreprise tout en impliquant une perspective raisonnable de gagner », a expliqué Airbus Helicopters. Il est possible que les spécifications exigées par le MoD britannique étaient beaucoup trop élevées par rapport à l'enveloppe financière.