LA TRIBUNE : Quel est votre regard sur cette nouvelle édition du salon aéronautique du Bourget ?
BRUNO EVEN : C'était une très belle édition. On a senti dans l'humeur des exposants et des visiteurs que tout le monde était content d'être au salon du Bourget. Il y a eu une dynamique incroyable aussi bien dans le civil que dans le militaire. Le salon du Bourget a montré en termes de commandes et d'innovations que tout le travail engagé depuis trois ans - plan de relance, Corac - a permis d'avoir ce dynamisme dans le domaine civil. C'est majeur. L'ensemble des acteurs de l'industrie aéronautique - des maîtres d'œuvres aux ETI et PME - s'est mis en ordre de marche pour pouvoir adresser le sujet de la décarbonation. Sur le court terme, on constate le retour des commandes qui s'accompagne du défi du « ramp up » (NDLR : la montée en cadences) pour toute la filière et met à l'épreuve la « supply chain ».
Comment gérez-vous votre « supply chain » ? Est-ce un problème qui est derrière vous ?
Non, la « supply chain » reste le sujet de préoccupation numéro un du moment. Il n'est pas spécifique à Airbus Helicopters, il est commun à toute l'industrie aéronautique, qui doit remonter en cadence en même temps. Nous, Airbus Helicopters, étions tombés à 300 livraisons d'appareils en 2020, nous sommes remontés à 344 en 2022. Soit une croissance de plus de 10 %. Cette année, nous comptons sur une nouvelle croissance de 10 %. En 2025, Airbus Helicopters devrait livrer plus de 400 machines. Nous avons un « ramp up » de plus de 30 %. Bien sûr, cela n'a rien à voir avec les avions monocouloirs mais cette croissance reste importante. Il faut donc que la « supply chain » suive.
Quels sont les enjeux de la « supply chain » ?
Elle a été très fortement affectée par l'épisode du Covid. Il faut aujourd'hui recruter. C'est l'enjeu numéro un. Il faut également sécuriser nos approvisionnements pour surmonter les perturbations internationales, en particulier sur les marchés des composants électroniques. Si on constate une reprise progressive, les difficultés ne vont pas disparaître brutalement. Nous avons donc un travail dans la durée pour accompagner de manière robuste le défi du « ramp up ». Le Covid puis la guerre en Ukraine ont mis en évidence toutes les fragilités de notre industrie. Il s'agit maintenant de traiter ces difficultés de manière durable.