Ouragan Irma : un nouveau surcoût de 9 millions pour le ministère des Armées

Le ministère des Armées a enregistré un surcoût de 9 millions d'euros pour venir en aide aux populations des îles Saint-Martin et Saint-Barthélémy, dévastées par l'ouragan Irma.
Michel Cabirol

4 mn

Les avions de l'armée de l'air - A340, A400M, CASA - et les hélicoptères Puma ont réalisé un véritable pont aérien soit depuis la métropole, soit depuis nos emprises en Guyane, Martinique et Guadeloupe, pour acheminer eau potable, vivres, matériel médical, et soulager les populations des iles Saint-Barthélémy et Saint-Martin, a indiqué le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général André Lanata.
Les avions de l'armée de l'air - A340, A400M, CASA - et les hélicoptères Puma ont réalisé "un véritable pont aérien soit depuis la métropole, soit depuis nos emprises en Guyane, Martinique et Guadeloupe, pour acheminer eau potable, vivres, matériel médical, et soulager les populations" des iles Saint-Barthélémy et Saint-Martin, a indiqué le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général André Lanata. (Crédits : Ministère des Armées)

Neuf millions d'euros. C'est le surcoût que va payer le ministère des Armées à l'issue des opérations lancées par le gouvernement pour venir en aide aux populations des îles Saint-Martin et Saint-Barthélémy, dévastées le mercredi 6 septembre par l'ouragan Irma, selon des sources concordantes. Une somme qui se rajoute aux surcoûts de 1,5 milliard d'euros générés par les opération extérieures (1,3 milliard) et opérations intérieures (200 millions), dont plus de 360 millions restent à financer. Mais selon la ministre des Armées, Florence Parly, cette somme serait financée par la solidarité interministérielle.

"Les discussions ont été intenses avec qui vous savez (Bercy, ndlr). Je crois pouvoir dire et j'espère ne pas être démentie dans la dernière ligne droite que ces 350 et quelque millions devraient être financés par la solidarité interministérielle et sans apport complémentaire du budget du ministère des Armées", a indiqué le 31 octobre Florence Parly lors d'une audition sur le projet de loi de finances 2018 devant la commission des Finances du Sénat.

A défaut d'avoir été dans l'anticipation pour la gestion des conséquences d'Irma, le gouvernement Philippe a réussi à être très réactif grâce aux armées toujours disponibles. Mais qui va payer la douloureuse? L'armée, déjà ponctionnée de 850 millions d'euros, ou la solidarité interministérielle? A suivre...

L'armée toujours prête

Après le passage d'Irma, des actions supplémentaires ont été décidées avec l'envoi depuis la métropole d'un A340 puis d'un A400M qui a décollé samedi 9 septembre, avec à son bord notamment un hélicoptère Puma supplémentaire. Un A310 et un second A400M ont atterri le lendemain avec des renforts en militaires et leurs équipements. Un deuxième avion CASA a rejoint la zone le mardi 12 septembre tandis que le BPC Tonnerre (Bâtiment de projection et de commandement) a appareillé de Toulon avec à son bord 116 véhicules et 295 militaires des trois armées, en plus des 233 marins de l'équipage. Dès le passage du cyclone Irma, la Marine nationale avait envoyé sur zone deux frégates de surveillance, basées à Fort-de-France, le Ventôse et le Germinal, qui étaient affectées à une mission de lutte contre le narcotrafic.

"Ce sont ces moyens - ces frégates, ces hélicoptères embarqués, ces avions - qui ont été redirigés vers Saint-Martin et Saint-Barthélemy pour une action immédiate d'urgence : livraison d'eau (150.000 litres), de nourriture avec des rations de combat journalières, mais aussi production de pain frais par nos marins boulangers, des médecins et des bras pour aider à la reconstruction", avait expliqué le 11 octobre dernier aux députés le chef d'état-major de la marine, l'amiral Christophe Prazuck.

Le Tonnerre a notamment apporté quatre hélicoptères supplémentaires (2 NH90 Caïman et 2 Puma) et des moyens lourds du Génie pour participer aux travaux de reconstruction, du matériel et des véhicules de la sécurité civile et de la gendarmerie ainsi que 1.000 tonnes de fret et de vivres. Doté d'engins de débarquement permettant de s'affranchir des facilités portuaires endommagées, le BPC offre les capacités d'un véritable hôpital flottant, avec des équipes médicales expérimentées, deux blocs opératoires et plus de 70 lits médicalisés. "Depuis plus de six semaines, près de 7.000 personnes et 700 tonnes de fret ont été transportées, a pour sa part précisé le 18 octobre aux députés le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général André Lanata.

"Jusqu'à 150 aviateurs ont été présents sur le terrain (...). Nos avions de transport - A340, A400M, CASA - et nos hélicoptères Puma ont réalisé un véritable pont aérien soit depuis la métropole, soit depuis nos emprises en Guyane, Martinique et Guadeloupe, pour acheminer eau potable, vivres, matériel médical, et soulager les populations les plus démunies", a indiqué le général André Lanata.

Michel Cabirol

4 mn