Le lanceur géant SLS vient d'être de nouveau transféré sur son pas de tir en Floride pour d'ultimes tests avant son premier vol cet été et l'envoi d'une capsule Orion vers la Lune. Le programme Artemis, qui doit ramener des astronautes à la surface de notre satellite naturel, est en bonne voie. Cette fois-ci, ce ne sera plus une courte visite sous le seul pavillon américain, comme avec Apollo, mais une implantation durable, en coopération avec les alliés traditionnels de la NASA. Pour l'Europe, cela représente donc un nouveau marché, avec de nouvelles niches stratégiques à occuper dans la logistique de transport, les télécommunications, l'hébergement des astronautes, la navigation et même dans tous les sous-systèmes électroniques adaptés à cet environnement particulièrement hostile.
Le vieux continent dispose déjà de champions dans ces domaines spécifiques qui vont devoir jouer leurs cartes pour s'imposer. Thales Alenia Space est déjà bien placée, puisque tous les modules pressurisés de la future station Gateway sont déjà en cours de développement et de fabrication dans son usine de Turin. « Nous allons fournir un écosystème pour que les astronautes puissent vivre, travailler et se reposer dans un environnement difficile. C'est un peu plus qu'une série de conteneurs pressurisés », assure Massimo Claudio Comparini, directeur général adjoint de Thales Alenia Space. Avec l'apparition de stations orbitales privées autour de la Terre, il voit un mouvement similaire apparaître autour et à la surface de la Lune dès que les astronautes y retourneront. Une économie lunaire apparaîtra rapidement, même si dans un premier temps, elle sera essentiellement financée par des clients gouvernementaux.