Naval Group a signé au Brésil deux contrats d'un montant de plus 500 millions d'euros pour des équipements (hors chaufferie nucléaire) destinés à la réalisation d'un sous-marin à propulsion nucléaire.Ce sont deux contrats qui ne vont pas remplacer la perte des deux compétitions majeures au Canada (sous-marins) et en Norvège (frégates), d'ailleurs deux pays peu francophiles en matière d'achats d'armements tricolores. Mais ce sont des commandes qui permettent à Naval Group de rester très présent au Brésil. Selon le journal officiel d Brésil, la direction générale du développement nucléaire et technologique de la Marine brésilienne a notifié début juin au groupe naval français, deux contrats : l'un de 282,1 millions d'euros pour la prestation de services spécialisés (conseils techniques) pour des systèmes supplémentaires pour le développement d'un sous-marin à propulsion nucléaire (hors chaufferie nucléaire) ; l'autre de 246,3 millions d'euros pour la fourniture de services d'ingénierie. Soit un montant global de 528,4 millions d'euros.
La signature de ces deux contrats (4 juin) est intervenue juste avant la visite d'État en France du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, les 5 et 6 juin dernier. Le programme Prosub, qui lie la France au Brésil sur une période de plus de 40 ans, est un élément clé de l'accord de coopération stratégique de défense signé en décembre 2008 à Rio de Janeiro entre les gouvernements français et brésilien. En 2009, Naval Group s'était vu confier par la marine brésilienne dans le cadre d'un contrat cadre la conception et le transfert de technologie de quatre sous-marins Scorpène ainsi que l'assistance à la conception et à la réalisation du premier sous-marin à propulsion nucléaire du Brésil (hors chaufferie nucléaire) pour un montant de 6,7 milliards d'euros.
Phase de réalisation
Ces contrats lancent la phase de réalisation du programme brésilien en matière de sous-marin nucléaire. Après avoir assuré une assistance au design, Naval Group attendait depuis un certain temps cette phase de réalisation. Au sein de Naval Group, on rappelle que le groupe n'a pas le droit d'exporter sa technologie nucléaire. « Il y a une ligne rouge qui a été décidée. Elle concerne le cœur de la chaufferie », explique un bon connaisseur de dossier. Ce sont donc les Brésiliens qui développe un programme de chaufferies nucléaires. Naval Group, qui détient une filiale ICN au Brésil majoritairement contrôlée par le géant Novonor, aide et assiste la marine brésilienne, qui a la maîtrise d'oeuvre d'ensemble, sur le volet conventionnel de ce programme.