Face à l'explosion de l'activité en orbite, la start-up franco-italienne Aiko et CS Group s'allient pour déployer dans les centres de contrôle un logiciel d'IA capable de détecter quatre jours à l'avance un risque de panne sur un satellite.Quarante-deux mille satellites pour la constellation Starlink, plus de 3 000 pour Kuiper d'Amazon, 15 000 pour le chinois Qianfan... si tous ces programmes vont au bout de leurs ambitions, le nombre de satellites en orbite pourrait passer de 9 000 aujourd'hui à près de 100 000 d'ici à 2030. Cette explosion de l'activité en orbite va considérablement alourdir la charge de travail pour les équipes au sol. Deux solutions s'offrent alors aux opérateurs de satellites : multiplier les ressources ou aller vers une plus grande autonomisation du suivi.
Cette deuxième solution passe par un recours accru à l'intelligence artificielle dans l'industrie. À Toulouse, la start-up franco-italienne Aiko et CS Group annoncent dans La Tribune une alliance pour déployer un logiciel capable d'alerter à l'avance sur un risque de panne.
Maintenance prédictive des satellites
Fondée en 2017 à Turin, la société Aiko a déjà montré l'intérêt de l'IA pour faciliter la maintenance prédictive des satellites.
«Notre logiciel permet de détecter des anomalies jusqu'à quatre jours à l'avance. Cette solution apporte aussi un soutien aux opérateurs dans les centres de contrôle pour réduire leur charge de travail sur l'analyse des données en économisant sur certaines tâches deux heures à dix jours. L'IA détecte des signaux faibles qui ne sont pas décelables par l'humain. Le tout avec moins de 2 % de faux positifs», décrit Aurélie Baker, responsable France d'Aiko. Ce logiciel a été choisi par Telespazio pour embarquer surla future constellation italienne d'observation de la Terre IRIDE.
Le partenariat avec CS Group vise à intégrer le logiciel d'IA d'Aiko pour analyser les données échangées entre les instruments à bord et les centres de contrôle au sol.
Intégré au sein de Sopra Steria il y a deux ans, CS Group déploie des centres de contrôle pour les agences spatiales et les industriels du secteur. Le groupe y voit une manière d'aider la filière à faire face à l'essor des constellations. « Alors que pendant longtemps, il fallait un opérateur pour suivre un satellite, on se dirige de plus en plus vers des centres de contrôle pour des constellations multi satellites plus autonomes. L'IA va permettre de réduire le nombre d'opérateurs, voire des plages horaires sans opérateur avec une planification des manœuvres. Il s'agit de concentrer l'intervention humaine là où elle a une vraie valeur ajoutée », pointe Nicolas Frouvelle, directeur du marketing.