Aussitôt dit, aussitôt fait. "Je souhaite que les équilibres de principe trouvés en avril 2017 puissent être revus", avait expliqué mercredi Emmanuel Macron. Et d'envoyer son ministre de l'Economie négocier avec les Italiens pour "préserver ces équilibres et notre souveraineté industrielle".
Bruno le Maire sera donc à Rome dès lundi à la tête d'une forte délégation, dont des membres de l'Agence des participations de l'Etat (APE), selon nos informations. Une délégation qui surprend et inquiète les Italiens. Elle doit en principe rencontrer le ministre de l'Economie et des Finances Pier Carlo Padoan et celui du Développement économique Carlo Calenda.
Deux jours après la livraison par STX France à MSC Croisières du paquebot Meraviglia, à laquelle avait assisté Emmanuel Macron, le propriétaire de l'armateur italo-suisse MSC Croisières Gianluigi Aponte a confirmé dans une interview au Monde qu'il souhaitait entrer au capital du chantier naval STX France. Pourquoi ? Pour "participer à l'équilibre de l'actionnariat" et éviter le "pillage" de l'entreprise française que doit reprendre le chantier italien Fincantieri. "Nous ne souhaitons pas devenir majoritaires, mais participer à l'équilibre de l'actionnariat" de STX France, a assuré Gianluigi Aponte.
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Pour Gianluigi Aponte, "seul maître à bord, Fincantieri pourrait agir à sa guise, transférer les technologies, revoir la stratégie commerciale de manière trop contraignante pour le développement de l'industrie de la croisière". "Une forte hausse des prix nous inciterait à faire construire nos bateaux ailleurs, en Asie par exemple. Ce serait certainement la fin des chantiers européens", prévoit-il. "Les Asiatiques deviendraient rapidement les maîtres du jeu, comme ils l'ont fait dans d'autres secteurs", a estimé le fondateur du deuxième plus grand armateur de porte-conteneurs au monde, et le numéro quatre international des croisières.
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