Tout comme pour l'Eurodrone, le Patroller, le système de drone tactique de Safran, n'est plus vraiment la priorité du ministère des Armées dans le contexte opérationnel actuel. Ce sont les premiers résultats d'une réflexion lancée par Sébastien Lecornu afin de revoir toute la stratégie sur les drones sur la base des besoins réels des armées. En cohérence avec les orientations de la loi de programmation militaire 2024-2030, cette revue s'inscrit dans une démarche d'adaptation des capacités militaires pour faire face à l'évolution des menaces. Et tout comme pour l'Eurodrone, le ministère étudie là aussi une sortie de ce programme s'il ne répond pas dans les tout prochains mois aux attentes et aux objectifs qui ont été fixés à Safran Electronics & Defense (SED) au moment du salon du Bourget, assure-t-on à La Tribune.
Bras armé du ministre, la Direction générale de l'armement (DGA) a fixé à l'industriel des objectifs très précis et des dates à respecter, selon nos informations. SED doit livrer à court terme notamment deux drones opérationnels sur les 14 initialement prévus dans la commande en 2016. « Si ces deux drones remplissent la mission, on se reposera la question du besoin opérationnel et est-ce que nous voulons d'un drone ayant besoin d'une piste pour décoller ? », explique-t-on à La Tribune. Si le ministère des Armées n'a pas encore pris la décision d'abandonner le Patroller, il ne souhaite pas non plus faire de l'acharnement thérapeutique sur un programme qui continuerait à cumuler des retards. Ce suivi est instruit en coopération avec Safran.