Mis sévèrement à la diète financière ces deux dernières années par le PDG de Thales Alenia Space (TAS) Hervé Derrey, le programme Stratobus a rebondi in extremis cet été grâce au Fonds européen de défense (FED). La direction générale de l'industrie de la défense et de l'espace (DG DEFI) de la Commission européenne a confié à TAS en tant que coordinateur d'un consortium de 21 entreprises européennes de 11 nationalités différentes un projet de démonstration technologique portant sur la conception de trois plateformes à haute altitude (EuroHAPS). TAS va apporter des briques technologiques via son projet Stratobus.
Le FED apporte une contribution financière de 43 millions d'euros pour un projet estimé à 63,5 millions. Cette aide sera doublée par un abondement de certains grands pays comme la France (Direction générale de l'armement), l'Allemagne et l'Italie, précise à La Tribune Hervé Derrey. En contrepartie, le consortium devra fournir des démonstrateurs technologiques aéroportés en vue de concevoir des capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) jamais développées en Europe.
Les principaux partenaires de TAS dans ce projet sont le Centre italien de recherche aérospatiale (CIRA) et le groupe allemand ESG (Elektroniksystem-und Logistik-GmbH), spécialisé dans l'électronique de défense : Stratobus (à une échelle réduite à 60 mètres de long avec deux démonstrateurs), HHAA (Hybrid High Altitud Airship), un dirigeable tactique d'une vingtaine de mètres développé par CIRA et AsBass (ballon contrôlé en 3d) d'ESG. Dans ce cadre, plusieurs charges utiles seront testées lors des phases de démonstrations qui interviendront entre 2024 et 2026 : la charge utile Lidar (télédétection par laser) fournie par l'ONERA, COMINT (Communication Intelligence) par l'Institut national espagnol de technique aérospatiale (INTA), ELINT (Electronic Intelligence) par l'italien Elettronica et, enfin, Satcom et broadband par ESG.