Pour KNDS France, les négociations sur la tranche trois du programme CaMo (ventes supplémentaires de véhicules blindés à la composante Terre belge) ont brutalement débuté fin avril avec la fuite du pré-rapport de la Cour des comptes belge sur l'examen de cette méga-commande lancée en 2019 entre la France et la Belgique. Outre les deux contrats déjà signés (CaMo 1 puis CaMo 2 en 2023), la Cour des comptes estime que la totalité des dépenses englobant les trois tranches de ce programme à tiroirs, les munitions, le carburant, l'entretien et la construction ou la modernisation d'infrastructures, va s'élever à 14,4 milliards d'euros sur une période de 25 ans. Des chiffres qui demandent bien sûr à être consolidés. Pour autant, le coût de possession (carburant, soutien, maintenance préventive et curative) est souvent supérieur aux coûts d'acquisition (environ deux tiers du coût global).
Cette fuite, qui a opportunément « ému » l'opposition, aura permis de lancer des tentatives de déstabilisation du gouvernement belge à travers une campagne de désinformations sur les blindés français. Outre ces raisons de politique intérieure, elle apparait surtout comme très opportune pour mettre la pression sur le plan commercial sur KNDS France, le constructeur de véhicules blindés français (Griffon, Jaguar, Serval) dans le cadre des négociations de la tranche 3 de CaMo (Capacités Motorisés). Notamment sur les fameux retours sociétaux et économiques accordés à l'industrie belge. « Ils veulent se mettre dans une situation où ils seront plus revendicatifs sur les retours sociétaux et se préparer à une posture de négociations plus dure », explique-t-on à La Tribune.
Actuellement à la relecture par le ministère de la Défense belge, le rapport de la Cour des comptes, dont la version définitive devrait être publiées cet été, n'est pas sorti comme par hasard juste avant le début de la négociation sur CaMo 3 entre la France et la Belgique, qui viennent de les lancer. Les offres de KNDS France seront officiellement remises et discutées vers la mi-juin ou fin juin. Cette nouvelle commande porte sur une centaine de Griffon supplémentaires environ et d'une centaine de véhicules blindés Serval (peut-être plus mais plus tard). En outre, Paris et Bruxelles souhaitent étendre le partenariat au Luxembourg dans le contrat CaMo. Cette intégration fait également l'objet de discussions sur les termes de la lettre.