À Grasse, la résurrection d’un patrimoine floral ancestral
Gaëlle Cloarec
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L'association Fleurs d'Exception du Pays de Grasse veut redonner vie à la filière et sortir de l'oubli ces fleurs mythiques.
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L'association Fleurs d'Exception du Pays de Grasse veut redonner vie à la filière et sortir de l'oubli ces fleurs mythiques.
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Il fut un temps où Grasse n'était plus vraiment Grasse. Urbanisation galopante, explosion des produits de synthèse, concurrence des productions lointaines... Autant de raisons qui, au cours du siècle dernier, ont accéléré le déclin de la culture de fleurs à parfum en dépit d'un terroir exceptionnel et d'un savoir-faire cultivé depuis plus de 300 ans.
Aux 5 000 tonnes produites annuellement dans les années 1940, ne restait plus qu'une centaine de tonnes, toutes fleurs confondues, au début des années 2000. La messe semblait dite !
Mais c'était sans compter sur une petite dizaine d'irréductibles producteurs. Jeunes, passionnés, néocultivateurs ou issus du sérail, ils ont créé en 2009 l'association Fleurs d'Exception du Pays de Grasse (FEPG) pour redonner vie à la filière, sortir de l'oubli ces fleurs mythiques et trouver des débouchés.
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Il faut dire qu'en ce début de XXIe siècle, le retour à la naturalité concoure à stopper l'hémorragie. La quête de sens et de qualité du consommateur agit comme un révélateur. Les grandes maisons de parfumerie sont les premières à se souvenir des champs grassois et de leur patrimoine olfactif. Sur le modèle de Chanel qui, dès les années 1980, avait noué un partenariat exclusif avec la famille d'agriculteurs Mul pour sécuriser son approvisionnement en rose Centifolia, fleur reine du pays de Grasse et ingrédient maître du N°5, petits et grands parfumeurs signent tour à tour à partir des années 2010 avec les agriculteurs de l'association. Ils s'engagent à acquérir en exclusivité leur production, exclusivement biologique, pérennisant ainsi leur exploitation et leur permettant d'investir sur le long terme. Les industriels transformateurs locaux, dont Mane et Robertet, respectivement numéro 5 (avec un chiffre d'affaires de 1,77 milliard d'euros) et 6 (avec un chiffre d'affaires de 807 millions d'euros) mondial, suivent. La dynamique est ré-enclenchée.
Gaëlle Cloarec