Agriculteurs : la FNSEA fait déjà monter la pression sur François Bayrou

Selon Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, les agriculteurs « font face à une crise économique, morale et sociale sans précédent depuis trente ans ».
© ARNAUD FINISTRE/AFP

Selon Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, les agriculteurs « font face à une crise économique, morale et sociale sans précédent depuis trente ans ».
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Ce sera l'un de ses dossiers brûlants, et le premier syndicat agricole français a tenu à le lui rappeler. Dans une lettre envoyée ce vendredi au nouveau Premier ministre François Bayrou, le président de la FNSEA a tenu à « attirer solennellement » son attention « sur la situation des agriculteurs ».
Ces derniers, prévient Arnaud Rousseau, « font face à une crise économique, morale et sociale sans précédent depuis trente ans, comme en témoignent les mobilisations depuis le début de l'année 2024 ». Il poursuit dans la même tonalité : « Cette crise structurelle s'est par ailleurs amplifiée, cet été, par des événements climatiques et sanitaires désastreux pour la production agricole et le moral des agriculteurs. »
Et le président du puissant syndicat agricole de rappeler les « engagements forts » pris par les derniers gouvernements auprès du monde agricole, dont la « concrétisation » a « toutefois été remise en cause » par la dissolution de l'Assemblée nationale, et la chute du dernier gouvernement. « Dès lors, les inquiétudes s'expriment de plus en plus vivement dans tous les départements, avec une perte de la confiance en la parole publique », souligne encore Arnaud Rousseau.
Dans ce contexte, le président de la FNSEA appelle le nouveau chef de l'exécutif à une reprise « immédiate des travaux permettant de respecter les promesses faites au plus haut niveau de l'Etat aux agriculteurs ». Pour en discuter, la FNSEA, et son allié - le syndicat Jeunes Agriculteurs (JA) - sollicitent via un communiqué, lui, public, « un rendez-vous en urgence » avec François Bayrou.
« J'attends de François Bayrou un engagement fort sur les sujets agricoles dès les tout premiers moments de sa prise de fonction », souligne par ailleurs le président de la FNSEA, dans ce communiqué. « Il connaît toutes les solutions qui sont sur la table. (...) Revenu, moyens de production, simplification, etc... nous avons urgemment besoin de concrétisations, de visibilité et d'engagement sur ces mesures » énumère Arnaud Rousseau.
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Et la FNSEA et le syndicat JA d'appeler « avec une certaine gravité (...) à une inscription rapide à l'examen au Parlement de dispositions fiscales attendues avec impatience pour améliorer la compétitivité et la résilience des exploitations ». Pour rappel, le projet de loi de finance présenté par Michel Barnier comportait notamment des allègements de charges pour les travailleurs occasionnels, des aides à l'installation, l'adoption d'une réforme des retraites des agriculteurs, etc.
À plusieurs reprises, François Bayrou a mis en avant ses origines paysannes. Il posait d'ailleurs au volant d'un tracteur lors de sa campagne présidentielle en 2007. Lors d'une visite au salon de l'agriculture en 2018, le président du MoDem s'était défini comme « très proche, très intime » des agriculteurs.
Il partageait alors au moins en partie leurs craintes d'un éventuel accord de libre-échange UE-Mercosur. Un sujet, qui, six ans plus tard, se retrouve à nouveau au cœur de la colère agricole. « Je pense qu'ils ont raison sur un point: on ne peut pas fixer aux agriculteurs européens des règles qui ne sont pas respectées par les autres », avait-il dit, évoquant notamment l'usage de certains pesticides en Amérique du Sud.
En attendant, vendredi dernier, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, et les chefs d'Etat de quatre pays du marché sud-américain, ont annoncé avoir finalisé les négociations sur le traité de libre échange UE-Mercosur. Ce, en dépit de l'opposition de la France, de la Pologne et de l'Italie.
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À noter : la fin de cette négociation n'est qu'une étape dans le processus vers la conclusion de l'accord. En effet, le texte doit désormais être validé par le Conseil de l'Union européenne (composé des 27 Etats membres), et par le Parlement européen. Un espace que la France va utiliser pour dégager une minorité de blocage avec d'autres pays, afin de rejeter cet accord.
(Avec AFP)