Depuis le début du conflit, les agriculteurs français ne cessent de le répéter: la guerre engagée par la Russie en Ukraine représente un grand danger pour le secteur agricole, notamment pour certaines filières déjà fragiles. Mais elle pourrait avoir le mérite de sortir de l'impasse les négociations commerciales entre les grands distributeurs et leurs fournisseurs de marques nationales, qui selon la loi doivent aboutir à la signature de conventions générales de ventes avant le 1er mars, sous peine d'amende. C'est du moins ce qu'espère la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea):
Elles pourraient notamment fragiliser les distributeurs, jusqu'à présent en position de force dans ces négociations annuelles:
Toujours tendues, les négociations commerciales annuelles sur les produits de marques nationales ont été cette année particulièrement difficiles à cause du concours de deux facteurs: la forte inflation, qui a fait croître les coûts de production des industriels de 6 à 8%, et l'entrée en vigueur de la loi Egalim 2, qui interdit désormais de négocier la partie de ces coûts imputables aux matières premières agricoles. Des contraintes haussières des tarifs des fournisseurs difficilement acceptées par les grands distributeurs, habitués plutôt à négocier en déflation au nom de la défense du pouvoir d'achat des Français.