Le comité de suivi des relations commerciales qui s'est tenu mercredi 23 février en présence du ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, de la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, et du ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, Jean-Baptiste Lemoyne, l'a confirmé : la conclusion des négociations en cours entre les grands distributeurs et leurs fournisseurs de produits de marques nationales risque de prendre beaucoup de retard cette année. A quelques jours de la date butoir, fixée par la loi au 1er mars, seules 30% des conventions générales de vente des grands groupes industriels ont été signées, déplore le gouvernement. S'élevant à 75%, le taux de signatures est toutefois meilleur pour les PME.
Malgré l'approche de l'échéance, les négociations, compliquées par le contexte inflationniste et les contraintes découlant de la nouvelle loi Egalim 2, qui rend non négociable la part des tarifs des industriels correspondant aux coûts des matières premières agricoles, restent très tendues. Dans l'alimentaire, alors que les industriels demandent des hausses des prix de 6 à 8% afin de couvrir l'augmentation de leurs coûts de production, les distributeurs ne concèdent qu'une "légère inflation", note l'exécutif. Dans le non alimentaire, non protégé par Egalim 2, ils exigent même une déflation, et les signatures de conventions sont encore plus rares. Le médiateur des relations commerciales agricoles a déjà été saisi d'une trentaine de dossiers, et leur nombre "augmente tous les jours".
Le gouvernement déplore même des "comportements inadmissibles voire déraisonnables qui montrent une incompréhension des changements découlant de la loi", de la part des industriels mais surtout des distributeurs. Certaines sont d'ailleurs déjà dans le viseur de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), a souligné le ministère de l'Economie dans un communiqué mardi 22 février.