Grippe aviaire : très attendue par la filière du foie gras, la vaccination démarrera le 1er octobre
latribune.fr
L'Etat prendra en charge « 70% des coûts générés par les trois premiers mois » de cette campagne 2024-2025, a annoncé ce mardi le ministère de l'Agriculture.
Le gouvernement a commandé début juillet « 67,75 millions de doses de vaccins auprès des laboratoires Ceva Santé Animale et Boehringer Ingelheim Animal Health », a annoncé ce mardi le ministère de l'Agriculture, dans un communiqué.
C'est acté. La campagne de vaccination des canards contre la grippe aviaire débutera le 1er octobre en France. L'Etat prendra en charge « 70% des coûts générés par les trois premiers mois » de cette campagne 2024-2025, a annoncé ce mardi le ministère de l'Agriculture.
L'Etat reconduit la campagne de vaccination contre l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), afin de prévenir la diffusion du virus sur le territoire français. Ce, alors qu'un foyer a été détecté le 12 août en Bretagne, et le premier foyer dans un élevage le 16 janvier. En prévision de la campagne 2024-2025, le gouvernement a commandé début juillet « 67,75 millions de doses de vaccins auprès des laboratoires Ceva Santé Animale et Boehringer Ingelheim Animal Health », selon un communiqué.
Une vaccination attendue
Le renouvellement de la campagne de vaccination était souhaité et attendu par les éleveurs de canards à foie gras, après celle, réussie, de l'an dernier. Seule une dizaine de foyers ont en effet été détectés depuis l'automne 2023. À la date du 20 août 2024, « plus de 50 millions de canards ont ainsi fait l'objet d'une vaccination contre l'IAHP », précise le ministère.
Lors de la première campagne de vaccination, l'Etat avait pris en charge jusqu'à 80% des coûts. Le ministre Marc Fesneau a justifié ce mardi au micro de France info la légère diminution de la contribution de l'Etat, en estimant qu'il revenait à la filière de prendre peu à peu en charge cette vaccination.
«Je rappelle que sur la grippe aviaire, l'Etat a pris en charge les pertes des éleveurs pour près d'un milliard d'euros. C'est bien normal, sinon cette filière aurait disparu en France», a-t-il indiqué.
Des pertes économiques colossales
La grippe aviaire, qui sévit plus largement en Amérique, en Europe, en Afrique et en Asie, a touché la France de 2015 à 2017, puis quasiment en continu depuis fin 2020. L'Hexagone a euthanasié des dizaines de millions de volailles ces dernières années à cause de l'influenza aviaire, provoquant des pertes économiques pour les éleveurs qui se chiffrent en milliards d'euros.
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Pour casser cette spirale, la France a décidé de rendre obligatoire la vaccination dans les élevages de plus de 250 canards (hors reproducteurs) fin 2023. Cette espèce de palmipèdes - souvent élevée pour faire du foie gras ou de la viande - est ciblée car très sensible au virus. Les animaux l'excrètent dans l'environnement avant même de présenter des symptômes, ce qui favorise la propagation. Grâce à cette nouvelle politique sanitaire, depuis le 3 mai 2024, le niveau de risque pour la maladie est considéré comme « négligeable » en France.
Quand le Japon suspend ses exportations de foie gras... à cause de la vaccination
La France est le seul pays d'Europe à vacciner des animaux d'élevage contre la grippe aviaire. Une démarche qui lui a fermé - au moins provisoirement - des marchés à l'export. Comme celui du Japon, pour qui la mesure française est synonyme d'une mauvaise maîtrise de l'épidémie. Au grand dam des producteurs de l'Hexagone, notamment de foie gras dont l'archipel raffole (6% des exportations françaises en 2021, derrière la Suisse qui captait 9%).
« Le fondement de la décision japonaise est de maîtriser 100% du risque d'importation du virus via des animaux ou des produits qui pourraient ensuite contaminer leurs propres élevages », avait expliqué en octobre dernier à La Tribune Jocelyn Marguerie, président de la commission aviaire de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV).
En outre, « l'argument du Japon, qui est particulièrement attentif sur ce point-là, est de dire qu'un pays qui vaccine ne maîtrise pas la circulation du virus sur son territoire », ajoutait l'experte.