La belle-iloise, cette entreprise qui préfère rogner sur ses marges que de couper dans ses effectifs
Pascale Paoli Lebailly
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Labellisée « Enseigne Responsable » pour ses 90 ans en 2022, La belle-iloise défend des valeurs d'engagement environnemental et de responsabilité sociale. Caroline Hilliet Le Branchu, présidente et petite-fille du fondateur, ajuste la rentabilité pour...
À la tête de l’ETI familiale La belle-iloise, Caroline Hilliet Le Branchu défend des valeurs de bien manger, de respect de l’environnement, et de qualité de vie au travail. Pour passer 2023, la dirigeante de la conserverie a décidé de réduire la rentabilité pour continuer à recruter et à investir dans son outil de production, sa transition énergétique et sa politique RSE. Labellisée « Enseigne Responsable » en 2022, La belle-iloise espère devenir une société à mission d’ici à 2024.
« Il va nous falloir être extrêmement bon gestionnaire sur les années 2023 et 2024 » : confrontée, comme d'autres chefs d'entreprise, à la hausse des prix de l'énergie et à des difficultés de recrutement qui freinent la production, Caroline Hilliet Le Branchu aborde 2023 sans grande visibilité mais avec opiniâtreté.
«Dans mon entreprise de taille intermédiaire (ETI), la facture gaz de 2023, dont les tarifs ont été négociés cet été, a quintuplé, celle de l'électricité a triplé» s'inquiète la présidente-directrice générale de la conserverie de poisson, La belle-iloise, basée à Quiberon.
À la manœuvre depuis 2011, la petite-fille du fondateur de la marque au positionnement haut de gamme s'est fixée un cap : mettre l'ETI familiale de 350 à 600 collaborateurs selon les saisons (60 millions de chiffre d'affaires), sur les « rails du futur ». Quitte à agir sur sa rentabilité.
Réduire les marges pour mieux investir
« Il n'y a pas de mise en cause de la pérennité de l'entreprise. Je n'envisage ni de réduction de postes ni de passer les gens au travail de nuit, parce que La belle-iloise travaille du poisson frais. Pour nous, l'option est de baisser notre marge et de poursuivre nos investissements », insiste la dirigeante, également présidente depuis mars 2022 du Club ETI Bretagne.
Face aux grands conserveurs que sont les marques Petit Navire et Connétable, ainsi qu'aux acteurs de la vente directe à positionnement premium, La belle-iloise se distingue pour ses gammes de recettes diversifiées et ses boîtes illustrées de toutes les couleurs.
Conserverie La Belle-Îloise envoi de Pascale Paoli-Lebailly BRETAGNE (Crédits : Conserverie La Belle-Îloise)
L'entreprise, qui fabrique et commercialise ses conserves, hors du circuit de distribution, travaille chaque année quelque 850 tonnes de sardines (Bretagne Sud, La Turballe), 700 tonnes de thon blanc germon (Irlande, Écosse, Afrique du Sud) et 500 tonnes de maquereaux (Irlande, Écosse).
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