Stagnant en 2024 à 12 milliards d'euros, la consommation française de produits issus de l'agriculture biologique trouvera-t-elle-t-elle un second souffle grâce à la restauration scolaire ? Ce marché conséquent, représentant annuellement un milliard de repas, reste un gisement important pour le bio. À la clé, l'application encore imparfaite du volet restauration collective de la loi Egalim votée en 2022. « Trois ans après le vote du texte au Parlement, le pourcentage d'aliments bio dans les cantines atteint seulement 7% au lieu des 20% prévus, constate Thomas Prigent, directeur de Bio Centre, organisme représentant l'écosystème autour de l'agriculture biologique en Centre-Val-de-Loire.
« Principaux freins à son application, l'absence de pénalités pour les collectivités qui s'affranchissent de la loi, ainsi que la cherté et les difficultés d'approvisionnement supposées de ces produits. Notre objectif est de lever ces idées reçues et de faire de la restauration scolaire un nouveau relais de croissance », explique-t-il.
Représentant 484 millions d'euros en valeur, soit 4% du total, la consommation de produits bio dans les établissements scolaires a d'ores et déjà connu en 2024 une hausse de 9%, bien supérieure aux autres canaux de distribution, hormis la vente directe qui croît également de 8,7%. A contrario, les magasins spécialisés ainsi que les artisans-commerçants ont bénéficié d'une croissance limitée à 2,2% et 4,3%. La GMS (Grandes et moyennes surfaces) a quant à elle vu ses ventes d'aliments issus de l'agriculture biologique régresser de près de 4%.