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Lactalis va réduire les volumes de lait collectés dans les fermes françaises

latribune.fr

Publié le 26 septembre 2024 à 06:16 - Mis à jour le 26 septembre 2024 à 06:16

Le géant du lait vu son chiffre d'affaires augmenter en 2023 malgré « l'érosion des marchés mondiaux » laitiers et son bénéfice net bondir de 11%, à 428 millions d'euros.

Le géant du lait vu son chiffre d'affaires augmenter en 2023 malgré « l'érosion des marchés mondiaux » laitiers et son bénéfice net bondir de 11%, à 428 millions d'euros.

CHARLES PLATIAU

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le groupe Lactalis a annoncé mercredi soir qu'il allait réduire à partir de fin 2024 les volumes de lait collectés dans les fermes françaises à destination des marchés internationaux, afin de se recentrer sur les produits vendus en France, mieux valorisés.

Lactalis qualifie cette décision de « difficile ». A partir de fin 2024, le groupe réduira « de l'ordre de 450 millions de litres » sa collecte annuelle « de quelque 5,1 milliards de litres » de lait d'excédent auprès des éleveurs français. Pour amortir l'impact sur la taille des troupeaux de vache à lait en France, et donner du temps aux éleveurs pour s'organiser, le groupe, souligne un communiqué, s'engage à ce que la réduction des volumes « soit progressive entre 2024 et 2030 ».

La première étape de réduction porte sur 320 millions de litres et touchera surtout les zones Est et sud Pays de Loire d'ici 2026 (soit 160 millions de litres de lait) ainsi que le non renouvellement d'un contrat avec une coopérative à horizon 2030 (160 millions de lait), précise le communiqué sans indiquer quelle sera la coopérative concernée. Le groupe estime nécessaire « de se recentrer sur les produits de grande consommation français, mieux valorisés car moins sujets aux aléas des marchés mondiaux » alors qu'il était toujours parvenu « à collecter les surplus de lait en France et à les valoriser à l'international ».

Le mix-produit de Lactalis est composé de 50% de produits de grande consommation vendus en France, de 20% de produits de grande consommation vendus à l'export, et de 30% de produits industriels vendus sur les marchés de « commodités laitières » (beurre, poudre de lait..) fortement soumises aux aléas des cours mondiaux. Le géant du lait a toutefois vu son chiffre d'affaires augmenter encore en 2023 malgré « l'érosion des marchés mondiaux » laitiers et son bénéfice net bondir de 11%, à 428 millions d'euros.

Les agriculteurs veulent être «payés au juste prix de leurs produits»

Le groupe estime que la réduction des volumes lui permettra de « mieux valoriser le lait » restant, « en cohérence avec la récente évolution » des formules de prix du lait.

A LIRE AUSSI

Baisse de la production de lait : quel scénario pour Lactalis ?

Après des années de tensions agricoles sur le sujet, Lactalis avait fini par annoncer en avril une nouvelle formule de calcul du prix du lait revalorisant le prix payé aux éleveurs à 425 euros pour 1.000 litres, en prenant en compte un « prix de revient agricole », c'est-à-dire l'estimation de ce que doit recevoir un éleveur pour pouvoir gagner sa vie. Il avait déjà à l'époque prévenu qu'il réfléchissait à réduire la production laitière globale. Les agriculteurs veulent être « payés au juste prix de leurs produits » et ne pas se retrouver face à une entreprise leur disant, après des négociations avec les distributeurs, « voilà ce qu'il vous reste », a expliqué fin août le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) Arnaud Rousseau.

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Pour s'assurer de cette construction du prix « en avant », la FNSEA et son allié Jeunes agriculteurs proposent d'imposer une date butoir, le 1er décembre, comme il en existe une pour les négociations entre industriels et distributeurs. Thierry Cotillard, patron des Mousquetaires/Intermarché et vice-président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), a défendu cette évolution. Actuellement, « on signe avec Lactalis » alors que « les producteurs n'ont toujours pas fixé le prix du lait » auquel ils vendent à Lactalis. Il faudrait plutôt « un premier niveau de négociation (...) entre agriculteurs et transformateurs ».

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(Avec AFP)

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