Le financement participatif s'ouvre à la transition alimentaire à grande échelle

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Les projets seront notamment ceux des fournisseurs de grands groupes tels que Carrefour, Danone, D'aucy, ou encore Herta et Les Paysans de Rougeline, contraints par la demande des consommateurs à se tourner vers une offre de produits plus durables et sains.
Les projets seront notamment ceux des fournisseurs de grands groupes tels que Carrefour, Danone, D'aucy, ou encore Herta et Les Paysans de Rougeline, contraints par la demande des consommateurs à se tourner vers une offre de produits plus durables et sains. (Crédits : iStock)
Miimosa, plateforme de financement participatif consacrée à l'agriculture et à l'alimentation, lance une nouvelle offre dédiée à de plus grands projets de transition agricole, alimentaire et énergétique . Elle espère parvenir à lever 100 millions d'euros.

Les grands groupes et les citoyens peuvent-ils s'unir afin de financer la transition du secteur agroalimentaire vers de nouveaux modes de production plus respectueux de l'environnement et de la santé des consommateurs ? C'est le pari de la plateforme de financement participatif consacrée à l'agriculture et à l'alimentation Miimosa, qui a présenté mardi 29 janvier à la presse une nouvelle offre exclusivement dédiée aux projets de transition agricole, alimentaire et énergétique (méthanisation, éolien terrestre et agrivoltaïque).

"Les acteurs traditionnels (PAC etc.) ne sont plus en mesure de financer cette transition à eux seuls. Il faut désormais responsabiliser les acteurs du secteur : industriels et consommateurs", explique le fondateur de Miimosa, Florian Breton.

1.700 projets locaux financés depuis 2015

Jusqu'à maintenant la plateforme ne proposait que des projets d'agriculture et d'alimentation locales avec des besoins de financement compris entre 5.000 et 200.000 euros, que les particuliers peuvent toujours soutenir via des dons avec contrepartie en nature (produits, expériences dans l'exploitation) ou des prêts limités à 2.000 euros par personne et remboursés dans les 3 à 5 ans. "C'était déjà le premier produit d'épargne fléché agriculture et alimentation", souligne Florian Breton, qui se targue d'avoir ainsi accompagné depuis 2015 1700 projets, et collecté quelque 9 millions d'euros, avec 0% de défauts de remboursement.

Grâce à un nouvel agrément de l'Autorité des marchés financiers, Miimosa peut désormais changer d'échelle. La plateforme "Miimosa Transition" pourra désormais viser aussi des projets "de la grande agriculture", à savoir d'exploitations qui fournissent déjà la grande distribution ou de grands groupes de l'agroalimentaire, à condition qu'ils "s'inscrivent dans une démarche de progrès et de transition: agroécologie, agriculture biologique, agriculture de conservation, agroforesterie, bientraitance animale, élevage plein air, énergies renouvelables".

Une plateforme ouverte aux personnes morales

Le financement pourra en effet couvrir des besoins allant entre 50.000 et un million d'euros -voire jusqu'à 2,5 millions dans un deuxième temps. Il sera également ouvert aux personnes morales:  fonds de dette, fondations, entreprises de l'agroalimentaire, coopératives etc. Et l'apport individuel ne sera plus plafonné.

Comme pour les projets plus petits, le taux d'intérêts moyen sera de 3,5%. Mais dans certains cas -mieux rémunérés- le remboursement pourra être davantage échelonné, voire n'intervenir qu'après 5-6 ans: une formule qui vise à soutenir des projets très capitalistiques comme ceux de méthanisation, ou impliquant d'importantes difficultés initiales comme les conversions en bio, et qui peut avoir un effet de levier vis-à-vis des banques, explique Florian Breton. Depuis l'ouverture de la plateforme il y a quelques semaines, deux projets ont déjà été financés, deux sont en cours et deux vont bientôt être ouverts.

Un partenariat avec cinq groupes agroalimentaires

Pour s'assurer du succès de sa nouvelle formule, qui vise à lever globalement 100 millions d'euros dans les 3-4 ans, Miimosa mise sur un partenariat avec de grands groupes de l'agroalimentaire : Carrefour, Danone, D'aucy, ou encore Herta et Les Paysans de Rougeline. Contraints par la demande des consommateurs à se tourner vers une offre de produits plus durables et sains, ces acteurs sont en effet en quête depuis quelques années de fournisseurs prêts à se lancer dans la transition qu'ils promettent de valoriser. Carrefour se fait par exemple assister dans cette démarche par le WWF France, qui se porte garant du sérieux des projets.

Les cinq géants de l'agroalimentaire pourront désormais soumettre les projets de leurs fournisseurs à Miimosa, qui en évaluera les risques et les ouvrira éventuellement au crowdfunding. Carrefour, Danone etc. s'engageront en échange à financer entre 20 et 30% des besoins. Miimosa affirme en outre être déjà en train de finaliser "de nouvelles collaborations", avec d'autres "acteurs de l'agroalimentaire, de l'amont à l'aval", mais aussi avec "des institutionnels (publics et privés)" en dehors des filières concernées. Au total, 10 millions d'euros seraient déjà "consolidés".

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Commentaires
a écrit le 30/01/2019 à 16:36 :
Le principe c'est de revenir sur toute les erreurs d'après guerre de la mécanisation et des intrants pour revenir a un cycle court localisé lors de recyclage et emprunt bancaire!

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