Agriculteurs en colère : pourquoi les attaques contre l’OFB se sont multipliées ces derniers jours

Depuis fin 2023, l'OFB en a comptabilisé 90, dont 20 depuis une dizaine de jours.
Reuters

Depuis fin 2023, l'OFB en a comptabilisé 90, dont 20 depuis une dizaine de jours.
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Ces derniers jours, les attaques contre l'Office national de la biodiversité (OFB) se sont intensifiées. Dernier exemple en date ce mercredi, où le portail de l'OFB à Trèbes, proche de Carcassone (Aude), a été incendié, en partie percé, et tagué en vert avec ce message : « De la part des dealers. » Si les auteurs n'ont pas été identifiés, il ne fait pas de doute que ce sont des agriculteurs en colère.
Ce graffiti est en effet une référence directe aux propos tenus mercredi dernier par Benoît Pradal, un agent de l'OFB syndiqué, au micro de France Inter : « On le sentiment que les agriculteurs ne veulent plus nous voir dans leurs exploitations. C'est du même ordre que si les dealers demandaient aux policiers de ne plus venir dans les cités. »
À la suite de cette déclaration, les deux syndicats agricoles majoritaires, FNSEA et Jeunes Agriculteurs avaient aussitôt dénoncé une « ignominie » et une « comparaison honteuse ». Laurent Wauquiez, député LR, a même surenchéri avec cette déclaration :
Quelques jours auparavant, d'autres attaques de sites locaux ont été recensées, notamment à Toulouse où des syndicats paysans ont déversé des détritus devant le siège régional de l'OFB. Dans la nuit de dimanche à lundi, des agriculteurs en colère ont dégradé trois sites de l'OFB dans le département de l'Hérault, avec des murs tagués et de la farine et du plâtre déversés devant les entrées.
Jeudi dernier, un autre bâtiment de l'agence à Mende, en Lozère, a subi le même traitement. Ces actes de vandalisme en cascade n'ont pas commencé récemment. Depuis fin 2023, l'OFB en a comptabilisé 90, dont 20 depuis une dizaine de jours.
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Pour tenter de calmer le jeu, ce vendredi, l'agent de l'OFB interrogé par France Inter a appelé à « l'apaisement », auprès de l'AFP. « Je regrette que mes propos sur France Inter aient été instrumentalisés pour opposer le monde agricole et les agents de l'OFB, a-t-il précisé. Je n'ai pas souhaité offenser qui que ce soit, et je n'ai jamais assimilé les agriculteurs à des dealers. Les agriculteurs nourrissent la France ».
Et Benoît Pradal, qui se dit fils d'agriculteurs et « fiers de ses racines », d'appeler « au respect de nos métiers respectifs ». Ils soulignent aussi que « les inspecteurs de l'environnement ne sont pas partisans (...). Ils œuvrent pour la mise en application des politiques publiques, avec discernement et pédagogie ».
Du côté du directeur général de l'Office national de la biodiversité, le son de cloche était sensiblement le même. Après avoir qualifié d'« inadmissible » les dégradations de ces dix derniers jours, le haut cadre a félicité ce vendredi les agents pour « leur résilience et leur professionnalisme ».
Appelant lui aussi à l'apaisement, il remercie Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, pour son « soutien constant » aux collaborateurs de l'agence publique. Jeudi, lors d'un point presse, la ministre les avait défendus en ces termes : « Ce sont des agents publics qui sont chargés notamment de missions de police, de l'environnement et de l'eau, qui appellent le même respect et qui ont la même dignité que les agents de police, les gendarmes, les agents de la répression des fraudes. »
À l'origine, les propos polémiques de l'agent de l'OFB sur France Inter faisaient eux-mêmes suite à ceux du Premier ministre François Bayrou, qui avait qualifié de « faute » certaines inspections d'agents de l'OFB, avec « une arme à la ceinture dans une ferme déjà mise à cran par la crise ».
Comprenant que certains de ces contrôles peuvent paraître intimidants, Agnès-Pannier Runacher a dit cette semaine qu'elle préférait « privilégier sur des infractions mineures la sanction administrative, c'est plus rapide, c'est plus clair. On évite cette dimension qui est extraordinairement intrusive d'une procédure pénale où on a l'impression d'être un grand délinquant ».
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Pour rappel, l'OFB compte 3 000 agents, dont 1 700 sur le terrain. Leur mission principale : veiller au respect des normes concernant les pesticides, la préservation des haies et les restrictions hydriques. Ils surveillent également les activités de chasse et combattent le braconnage, ainsi que le commerce illégal d'espèces menacées.