Lancée mi-novembre par l'ensemble des syndicats agricoles, la mobilisation des agriculteurs peine cet automne à atteindre les niveaux du début d'année. Le découragement, toutefois, continue de couver. Le tout dernier « Baromètre de conjoncture agricole », réalisé par l'Ifop pour le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, que La Tribune Dimanche a consulté, l'atteste clairement.
40 % des agriculteurs y indiquent que la situation économique de leur exploitation est mauvaise : un niveau jamais atteint depuis 2017. Comme en 2016-2017, ce sont surtout les dernières mauvaises récoltes qui plombent leur moral : la moitié des exploitants agricoles font état de difficultés importantes au cours des trois derniers mois, une proportion qui n'avait pas été atteinte depuis huit ans.
Un contexte politique anxiogène
Le pessimisme gagne les esprits : 37 % des agriculteurs pressentent une détérioration de la situation économique de leur exploitation au cours des deux à trois prochaines années, un quart l'anticipent même dès les trois prochains mois. La part d'agriculteurs envisageant de quitter leur activité dans l'année reste au plus haut (19 %), et le nombre de ceux qui veulent le faire à cause de difficultés financières atteint 41 %. Ils sont désormais plus nombreux que ceux motivés par un départ à la retraite (33 %).
Par rapport à 2016-2017, un nouvel ingrédient vient alimenter l'amertume agricole : « le contexte politique extrêmement anxiogène qui, avec le changement climatique, est source d'incertitudes sur l'avenir », résume le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. Le baromètre révèle en effet de grosses inquiétudes sur la situation économique et politique de la France alors que le sondage a été réalisé entre le 23 octobre et le 8 novembre, donc bien avant la chute du gouvernement Barnier et la conclusion par l'Union européenne d'un accord de libre-échange avec le Mercosur.