Les syndicats français sont inquiets. Le groupe suédois Volvo a annoncé ce mardi le lancement d'un plan de restructuration d'un coût de 5 milliards de couronnes (près de 600 millions d'euros) sur deux ans.
Le plan est d'autant plus redouté qu'il touchera surtout les poids-lourds, alors que Volvo (rien à voir avec les voitures de Volvo Cars) fabrique aussi des cars et bus, engins de chantier et des moteurs.
Pour la CFDT, cette réorganisation a pour périmètre les 120.000 salariés, CDI, CDD, intérimaires et prestataires du groupe. Cette annonce, ajoute le syndicat dans un communiqué, "est un véritable séisme pour Renault Trucks (...) "Nos fonctions support vont faire les frais de décisions commerciales et organisationnelles inappropriées".
Des ventes en berne en 2012
« Depuis dix ans, nous avons investi 3,5 milliards d'euros chez Renault Trucks à la fois dans les usines et les nouveaux produits », expliquait la semaine dernière à latribune.fr Olof Persson, PDG du groupe Volvo, propriétaire du fabricant de poids-lourds français (l'ex-RVI) cédé par Renault il y a douze ans.
La situation difficile du marché du camion avait conduit l'entreprise à prendre des mesures de chômage partiel au premier trimestre 2013 en France, afin d'adapter la production. Renault Trucks a achevé l'année 2012 avec un total de 51.486 véhicules facturés, en recul de 14% par rapport à 2011. Le marché français des véhicules de plus de 6 tonnes s'était, il est vrai, replié de plus de 8% en 2012.
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Renault a revendu sa participation
Le groupe Renault, actionnaire de référence historique de AB Volvo, holding du groupe Volvo, avait annoncé fin 2012 sa sortie de son capital. Au-delà de l'opération financière, cette cession de 6,5% du capital et 17,2% des droits de vote dans AB Volvo par Renault est symbolique. En 2001, Renault avait en effet vendu ses poids-lourds au groupe scandinave en échange d'une prise de participation dans celui-ci..
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Louis Schweitzer, alors PDG du groupe français, avait absolument tenu à être le premier actionnaire de AB Volvo (avec 21,7% du capital et 21,3% des droits de vote au périmètre d'octobre 2010), notamment pour avoir un droit de regard sur la façon dont le suédois allait gérer les... actifs français. Une participation qui avait évité une trop lourde restructuration chez Renault Trucks, comme Louis Schweitzer nous l'avait alors avoué. Mais le PDG de Renault actuel, Carlos Ghosn, ne se sent pas de telles responsabilités historiques et morales.
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