« Depuis dix ans, nous avons investi 3,5 milliards d'euros chez Renault Trucks à la fois dans les usines et les nouveaux produits », explique à latribune.fr Olof Persson, PDG du groupe Volvo, propriétaire du fabricant de poids-lourds français (l'ex-RVI) cédé par Renault il y a douze ans. « Nous avons 10.500 employés en France », souligne le patron du consortium suédois, constructeur de poids-lourds et de matériel de travaux publics (rien à voir avec Volvo Cars, l'activité voitures cédée naguère à Ford qui l'a revendu au chinois Geely).
Volvo affirme avoir déboursé deux milliards rien que pour renouveler complètement la gamme de Renault Trucks, qui n'est aujourd'hui qu'une simple marque. Cette gamme a été dévoilée en juin dernier. « C'est la première fois qu'un constructeur renouvelle tous ses véhicules en même temps », souligne-t-on chez Renault Trucks. Cocorico : la nouvelle gamme modulable est produite dans les usines hexagonales.
150 millions d'euros ont notamment été investis dans les usines tricolores. Une nouvelle ligne de grosses presses a ainsi été mise en place à Lyon (Rhône) pour fabriquer les pièces des cabines. À Blainville-sur-Orne (Calvados), c'est une ligne de caisses en blanc et une autre de garnissage de cabines qui ont vu le jour. À Bourg-en-Bresse (Ain), enfin, une ligne de développement, utilisée pour les nouveaux véhicules, permet à la fois de tester le processus d'assemblage et de logistique série ainsi que de finaliser les véhicules avant leur commercialisation.
La situation difficile du marché du camion avait conduit l'entreprise à prendre des mesures de chômage partiel au premier trimestre 2013 en France, afin d'adapter la production. Renault Trucks a achevé l'année 2012 avec un total de 51.486 véhicules facturés, en recul de 14% par rapport à 2011. Le marché français des véhicules de plus de 6 tonnes s'était, il est vrai, replié de plus de 8% en 2012. « Renault Trucks a des positions fortes en Europe et en Afrique du nord. Nous avons encore un gros potentiel de croissance en Europe mais aussi en Asie », indique le patron, soulignant que « 60% des camions produits en France sont exportés ».
Le groupe de Göteborg dans son ensemble avait annoncé fin janvier avoir détrôné l'allemand Daimler de la première place mondiale des poids-lourds une fois intégré le chinois Dongfeng, dont il veut acquérir 45% des parts, moyennant 5,6 milliards de yuans (670 millions d'euros). Le groupe scandinave, qui « attend un feu vert du gouvernement chinois pour début 2014 » vend sous les marques Renault, qui a d'ailleurs perdu en 2012 toute autonomie, et Volvo, mais aussi Mack (l'ancienne filiale américaine de RVI), UD Trucks et Eicher.
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Le groupe Renault, actionnaire de référence historique de AB Volvo, avait annoncé fin 2012 sa sortie de son capital. Au-delà de l'opération financière, cette cession de 6,5% du capital et 17,2% des droits de vote dans AB Volvo par Renault est symbolique. En 2001, Renault avait en effet vendu ses poids-lourds au groupe scandinave en échange d'une prise de participation.
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Louis Schweitzer, alors PDG du groupe français, avait absolument tenu à être le premier actionnaire de AB Volvo (avec 21,7% du capital et 21,3% des droits de vote au périmètre d'octobre 2010), notamment pour avoir un droit de regard sur la façon dont le suédois allait gérer les... actifs français. Une participation qui avait évité une trop lourde restructuration chez Renault Trucks, comme Louis Schweitzer nous l'avait alors avoué. Mais le PDG de Renault actuel, Carlos Ghosn, ne se sent pas de telles responsabilités historiques et morales.
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