Voilà qui ne va pas arranger les affaires de Renault et PSA. L'Europe est condamnée à une croissance du marché automobile lente, selon les experts. Cette année, le marché automobile européen devrait croître de 3% à peine, selon PSA et Renault. Et Carlos Ghosn, PDG du groupe de Boulogne-Billancourt, ne prévoit pas plus pour 2015.
Le marché de l'Union européenne devrait afficher en 2014 un déficit de 3,5 millions d'unités par rapport aux sommets d'avant la crise (2007). Il sera tout juste au niveau de... 1996. Soit le plus mauvais avec 2013 depuis 18 ans. Ce marché ne devrait pas rattraper les scores de 2007 d'ici à la fin de la décennie, pronostique le consultant PwC. En 2020, le marché européen serait, d'après lui, équivalent à celui de... 2009.
En France, la reprise des ventes est favorisée par les premiers renouvellements depuis les primes à la casse de 2008. Mais la mauvaise situation économique du pays rend cette embellie très faible. Les immatriculations de voitures neuves ont crû de 1,6% à peine entre janvier et le mois dernier dans l'Hexagone.
Soit une progression 3,5 fois plus faible que dans l'ensemble de l'Union. La production auto française avait quasiment été divisée par deux entre 2005 et 2013. PwC prévoit certes un rebond des fabrications dans les usines hexagonales, mais de 13% seulement... d'ici à 2020.
Ces perspectives moroses en Europe rendent la croissance potentielle des constructeurs tricolores plus difficile encore. Ceux-ci demeurent très dépendants du Vieux continent. Les ventes hors d'Europe ne représentent que 38% des volumes globaux de PSA, 43% de ceux de Renault. Elles atteignent en revanche 60% des livraisons totales du groupe Volkswagen. Fiat Chrysler réalise pour sa part 68% de son chiffre d'affaires hors du Vieux continent.
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Renault a certes réalisé une bonne performance en Europe au premier semestre. Ses ventes y ont progressé de 18% à 776.236 unités. PSA Peugeot Citroën y a crû de 11,7% à 956.000 véhicules. Mais ces performances s'inscrivent par rapport à des périodes de référence particulièrement faibles ces dernières années.
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