REPORTAGE. Le constructeur automobile tarde à se tourner vers les moteurs électriques. Ils n'arriveront qu'en 2028 dans sa gamme de voitures de sport. En attendant, Lamborghini (groupe Volkswagen) investit dans ses procédés industriels. Située dans la région de l'Emilie-Romagne, son usine italienne revendique la neutralité carbone.Pour croiser une Lamborghini « verte » (on ne parle pas de la couleur de la carrosserie), il faudra patienter encore. Le constructeur italien de voitures de sport lancera en novembre 2024 la commercialisation de la Temerario, son nouveau modèle doté d'un moteur hybride à huit cylindres et 920 chevaux.
L'électrique peut attendre. Le premier modèle à batterie, un coupé-SUV nommé Lanzador, est promis pour 2028. On ne change pas une recette qui gagne : avec 28% de marge brute (458 millions d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre 2024), Lamborghini apparaît comme une machine à cash au sein du groupe Volkswagen, son propriétaire depuis 1998. La marque vient de battre son record de ventes avec 10.112 voitures écoulées en 2023. Les clients restent attachés à la bande son infernale des moteurs thermiques italiens, réputés pour leurs aptitudes à hauts régimes : jusqu'à 10.000 tours/minute pour les derniers-nés.
Panneaux solaires et trigénération
Lamborghini affiche pourtant des ambitions élevées dans le développement durable. Au terme d'un premier cycle d'investissements dédiés depuis 2015 à ces aspects environnementaux, l'usine de Sant'Agata Bolognese (182.000 mètres carrés), en Emilie-Romagne, revendique 35 % de réduction de l'impact environnemental (eau, énergie, déchets, CO2 et composés organiques volatils). 20.000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques ont été installés sur les toits du site de production et en ombrières. Un système de trigénération et de chauffage urbain (2,4 mégawatts) implanté au sein de l'usine produit du chauffage, du refroidissement et de l'électricité à partir de biogaz.
La stratégie « Direzione Cor Tauri » ("direction coeur de taureau") prévoit 1,9 milliard d'euros d'investissements supplémentaires, pour soutenir cette stratégie environnementale et la rendre concrète. L'objectif consiste à réduire de 40 % les émissions par voiture produite en 2030, et à atteindre la neutralité carbone des opérations en 2050. « L'effort portera sur l'ensemble de la chaîne de valeur, y compris la logistique et les fournisseurs », a prévenu Stephan Winkelmann, président de Lamborghini. Au cours des cinq dernières années, l'entreprise a augmenté la part de transport ferroviaire de 4% à 35% dans ses approvisionnements.
Olivier Mirguet, à Sant'Agata Bolognese (Italie)