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Crise de l'automobile: Ford supprime 4.000 postes en Europe

latribune.fr

Publié le 20 novembre 2024 à 16:45 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 19:50

Cette coupe s’ajoute à une précédente annoncée début 2023 et qui concernait 3.800 postes en Europe d'ici 2025.

Cette coupe s’ajoute à une précédente annoncée début 2023 et qui concernait 3.800 postes en Europe d'ici 2025.

Nguyen Huy Kham

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le constructeur américain Ford a indiqué ce mercredi la suppression de 4.000 nouveaux emplois en Europe d'ici fin 2027, principalement en Allemagne et au Royaume-Uni. Une annonce qui illustre les difficultés du secteur automobile sur le Vieux Continent.

À l'image d'autres constructeurs automobiles, Ford va tailler dans ses effectifs européens. 4.000 emplois vont être supprimés en Europe d'ici fin 2027, a fait savoir le groupe dans un communiqué ce mercredi. Cela représente 14% de ses salariés totaux sur le Vieux Continent, au nombre de 32.000 actuellement - sur 174.000 dans le monde.

Parmi ces suppressions, 2.900 doivent toucher l'Allemagne, 800 le Royaume-Uni et 300 le reste de l'Europe, a précisé à l'AFP un porte-parole de Ford. Cette coupe s'ajoute à une précédente annoncée début 2023 et qui concernait 3.800 postes d'ici 2025, notamment dans les équipes de recherche et développement (R&D) de produits. Déjà l'Allemagne et le Royaume-Uni étaient les pays les plus concernés par ces suppressions.

« L'entreprise a subi des pertes importantes ces dernières années et le passage de l'industrie aux véhicules électriques et à une nouvelle concurrence a été très préjudiciable », a justifié Ford.

Le constructeur, qui était un des piliers de l'industrie automobile européenne, a vu ses parts de marché s'effondrer au cours des vingt dernières années. Il ne représentait plus que 4,4% des ventes de voitures neuves en 2023 dans le monde, loin derrière Volkswagen (6%) et Toyota (10,7%).

L'ombre d'un conflit social« historique »chez Volkswagen

Cette annonce est une nouvelle illustration des difficultés du secteur automobile en Europe. Les plans sociaux se multiplient chez les constructeurs et les équipementiers automobiles. Comme chez Volkswagen, qui a annoncé en septembre préparer un plan d'économies sans précédent.

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Cette restructuration pourrait inclure la fermeture de trois usines en Allemagne. Ce serait alors une première dans l'histoire du constructeur : jamais il n'a pris une telle décision sur le sol allemand depuis sa création en 1937. Et la dernière usine fermée, aux États-Unis, remonte à 1988. Dans le même temps, des dizaines de milliers de suppressions d'emplois sont envisagées.

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Les représentants du personnel s'y opposent fermement. Ils ont prévenu ce mercredi que, sans renoncement à ses « positions maximales », le groupe prendrait « la responsabilité de nous entraîner dans un conflit social comme cette république n'en a pas connu depuis des décennies », a menacé Thorsten Gröger, négociateur du puissant syndicat allemand des métallurgistes IG Metall, lors d'une conférence de presse.

Ce jeudi doit d'ailleurs se tenir une nouvelle séance de négociations entre les deux parties au sujet de ce plan d'économies drastiques. IG Metall se dit prêt à négocier si Volkswagen renonce à des licenciements secs et des fermetures d'usines. Les négociations, tendues, durent depuis plusieurs semaines. Cette période de dialogue social obligatoire prendra fin à partir de décembre. Des grèves seront alors possibles et le syndicat a déjà brandi cette menace.

L'automobile cale en Europe

La crise chez Volkswagen est emblématique des difficultés de l'industrie automobile allemande. Ses confrères et concurrents Mercedes-Benz et BMW sont aussi confrontés à un ralentissement des ventes sur leur marché clé, la Chine. D'une part, car les difficultés économiques de la première puissance asiatique freinent la demande. D'autre part en raison de la concurrence croissante que représentent les fabricants locaux de véhicules électriques.

Cette crise plombe l'intégralité du secteur industriel allemand, qui lui-même devrait faire plonger la première économie européenne dans la récession en 2024. Les principaux instituts de conjoncture du pays prévoient en effet une baisse de 0,1% de son produit intérieur brut (PIB). Ce serait alors la deuxième année d'affilée que l'Allemagne connaît une récession.

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Plus globalement, c'est l'ensemble du secteur automobile qui souffre en Europe. Même le champion des profits Stellantis, qui chapeaute Peugeot, Fiat, Chrysler, traverse une période compliquée. Lui, non pas sur le marché chinois mais nord-américain, son habituelle machine à cash. Les concessionnaires peinent à y écouler des véhicules trop chers, alors le groupe multiplie les promotions depuis quelques mois, limitant ses marges.

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Les constructeurs européens affrontent en outre des déboires communs. Le marché automobile européen est resté sur des volumes de vente faibles depuis la pandémie de Covid-19. À cela s'ajoutent des tarifs élevés en concessions et un contexte économique morose qui n'incitent pas à changer de voiture, selon les analystes. Cerise sur le gâteau : la faiblesse du marché sur les véhicules 100% électriques. « Le marché automobile européen stagne et ne s'en remettra pas dans un avenir prévisible », a affirmé la direction de Volkswagen ce lundi.

Un tableau bien sombre qui fait craindre une nouvelle crise dans l'industrie automobile du Vieux Continent. Et menace l'avenir des quelque 2,4 millions de salariés du secteur en Europe.

(Avec AFP)

latribune.fr

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