Nissan et Honda enterrent leur projet de mariage

Honda et Nissan ont bel et bien indiqué, ce jeudi, avoir mis fin à leurs négociations en vue de se marier.
Kim Kyung-Hoon

Honda et Nissan ont bel et bien indiqué, ce jeudi, avoir mis fin à leurs négociations en vue de se marier.
Kim Kyung-Hoon
[Article publié le jeudi 13 février à 8h37 et mis à jour à 11h55]
C'est terminé. Honda et Nissan ont bel et bien indiqué, ce jeudi, avoir mis fin à leurs négociations en vue de se marier. Dans un communiqué commun publié ce jeudi, ils affirment avoir envisagé « plusieurs options » concernant « la structure de l'intégration des entreprises », sans trouver de terrain d'entente.
Après avoir vanté, au début, une fusion entre égaux, Honda a finalement proposé de filialiser Nissan. Son idée ? Accoucher d'« une structure dans laquelle Honda serait la société mère et Nissan la filiale par le biais d'un échange d'actions », précise la missive. Une perspective synonyme de déclassement pour Nissan. Ce qui a provoqué une levée de bouclier de son état-major.
Dans leur missive, les deux groupes assurent, pudiquement, qu'ils ont alors préféré « résilier le protocole d'accord ». Ils soulignent qu'ils continueront toutefois de travailler conjointement « dans le cadre d'un partenariat stratégique » pour développer la voiture électrique. Cette rupture n'est pas une surprise, et était attendue. La presse japonaise avait déjà indiqué, la semaine dernière, que les deux groupes ne souhaitaient plus convoler ensemble.
Désormais, tous les regards se tournent vers Nissan, aujourd'hui en très grande difficulté. Ses dirigeants doivent désormais trouver une autre solution pour éviter d'aller au casse-pipe. Plusieurs scénarios sont envisagés. Le constructeur pourrait désormais chercher à fusionner avec un autre acteur. Foxconn, le géant taïwanais des semi-conducteurs, ne cache pas aujourd'hui son intérêt pour Nissan, qui lui permettrait d'accélérer sa diversification dans l'automobile.
Le troisième constructeur nippon pâtit toujours de ventes en berne. Lors de ses résultats trimestriels, également publiés ce jeudi, Nissan a indiqué qu'il prévoyait d'être déficitaire sur son exercice 2024/2025, qui s'achèvera fin mars. Le groupe automobile table sur une perte annuelle de 80 milliards de yens (près de 500 millions d'euros). Nissan a aussi considérablement réduit ses prévisions de bénéfice d'exploitation annuel de 150 à 120 milliards de yens. Idem pour son chiffre d'affaires, qu'il anticipe à 12.500 milliards de yens, contre 12.700 jusqu'alors.
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Ces sombres perspectives découlent, notamment, de ses mauvais résultats au troisième trimestre de son exercice décalé, d'octobre à décembre. Nissan a une nouvelle fois fait état d'une perte de 14 milliards de yens, quand les analystes tablaient sur un retour aux bénéfices. Aux Etats-Unis, le groupe a réussi à stabiliser ses ventes. Mais elles ont reculé au Japon, et ont continué de s'effondrer en Chine.
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Au mois de novembre, le groupe avait déjà mis en place des restructurations visant à réduire drastiquement sa capacité de production globale. Mais certains estiment que ces mesures ne suffiront pas pour redresser le constructeur. C'est notamment l'avis de Sébastien Amichi, associé chez Kearney et spécialiste de l'automobile. « Au rythme de la dégradation de la marge opérationnelle, le constructeur pourrait finir par passer sous ses besoins en fonds de roulement et rencontrer de réelles difficultés pour payer ses salariés comme ses fournisseurs », prévient-il.