Nissan se dit "inquiet" du poids accru de l'Etat français chez Renault

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Les deux parties sont liées par des participations croisées: Renault détient 43,4% de Nissan, et ce dernier 15% du français.
Les deux parties sont liées par des participations croisées: Renault détient 43,4% de Nissan, et ce dernier 15% du français. (Crédits : © Yuriko Nakao / Reuters)
L'Etat est monté au printemps à 19,7% du capital du groupe au Losange, une offensive qui a bouleversé le subtil équilibre entre les deux partenaires et qui n'a pas été du goût de Carlos Ghosn, le PDG de Nissan qui dirige aussi Renault.

Le constructeur d'automobiles japonais Nissan s'est dit lundi "inquiet" de la récente montée de l'Etat français au sein du capital de son partenaire Renault, tout en refusant de commenter les rumeurs de projets de "rééquilibrage" de l'alliance.

"L'Etat français a désormais un poids plus important, du point de vue de Renault c'est un problème important et pour nous, Nissan, c'est un motif d'inquiétude", a déclaré Hiroto Saikawa, directeur de la compétitivité, à l'occasion de la conférence de présentation des résultats semestriels du groupe.

"Nous avons déjà fait part de nos inquiétudes directement à l'Etat français", ainsi qu'au gouvernement japonais "qui comprend" notre position, a-t-il ajouté.

Préserver l'autonomie de Renault"

Le responsable de Nissan a assuré que, loin de vouloir déstabiliser Renault, comme le craint le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, les discussions en cours visaient à "préserver l'autonomie de Renault".

"A cet égard, nous sommes complètement en ligne avec le conseil d'administration de Renault", a assuré M. Saikawa, l'un des bras droits du PDG de Nissan Carlos Ghosn, qui dirige également Renault.

Cherche une "solution constructive"

Il n'a pas souhaité s'exprimer sur la teneur des discussions. "Nous allons continuer à travailler", y compris avec l'Etat français, pour "parvenir à une solution constructive", "mais nous n'en sommes pas encore à ce stade", a-t-il conclu.

M. Ghosn avait réaffirmé la semaine dernière l'importance de l'alliance Renault-Nissan, née en 1999. "S'il y a une priorité pour tout le monde, c'est bien de sauvegarder cette alliance", avait-il assuré à l'AFP.

Un modèle inédit

Les deux parties sont liées par des participations croisées: Renault détient 43,4% de Nissan, et ce dernier 15% du français.

Cependant, au titre de règles sur "l'autocontrôle", une société en contrôle une autre lorsqu'elle détient au moins 40% de ses parts, empêchant l'autre société, en l'occurrence Nissan, de voter à l'assemblée générale des actionnaires de Renault.

De son côté, l'Etat est monté au printemps à 19,7% du capital du groupe au Losange, une offensive qui a bouleversé le subtil équilibre entre les deux partenaires et qui n'a pas été du goût de Carlos Ghosn.

Ces dernières semaines, les rumeurs ont enflé sur la possibilité que Renault passe sous la barre des 40% de Nissan, afin de débloquer les droits de vote du japonais chez Renault, voire que Nissan monte au capital de son partenaire pour contrer l'influence de l'Etat.

Lire aussi : les 4 enjeux d'une alliance en plein tourment

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 02/11/2015 à 12:14 :
On les comprend! Des énarques gauchistes habitués à vivre de la rente d'état et profondément incompétents peuvent représenter un réel danger pour ce conglomérat. L'état français socialiste, dans toute son arrogance et sa suffisance, c'est Hiroshima pour les investisseurs. En plus, ils cherchent sûrement à caser leurs copains de promotion.....
a écrit le 02/11/2015 à 12:07 :
La présentation est symptomatique du problème : "Ghosn, PDG de Nissan, qui dirige aussi Renault" !!
Or, s'il a été nommé PDG de Nissan, c'est... sur décision de Renault, au moment où l'entreprise française prenait un risque financier gigantesque, et sauvait l'entreprise japonaise au bord du dépôt de bilan ! Il est donc normal que Renault récolte les fruits de ses investissements. Ce qui est anormal, c'est que Ghosn se sente plus proche de Nissan que de Renault !
Quand Saikawa déclaré vouloir préserver l'autonomie de Renault, nous le remercions pour sa sollicitude ! Mais la préserver... contre qui ?
Réponse de le 02/11/2015 à 12:49 :
Tout à fait ! Il est facile de voir la main de Ghosn derrière tout ça... La question alors c'est pourquoi ? et d'argumenter "à l'envers" en disant que la participation de l'Etat est inquiétante est de la pire mauvaise foi possible quand l'Etat le fait - justement - pour bloquer l'attaque, et non pour freiner Nissan. Alors pourquoi ? Je pense que la seule raison est que Ghosn veut s'assurer une place au sommet de l'alliance. Se sent-il menacé ? sans doute, il n'a pas que des réussites à présenter et il n'a pas donner la priorité à Renault et à la production en France...
Réponse de le 02/11/2015 à 14:23 :
L état via l agence de participation qui est administrateur de Renault a commencé par commette un délit d'initiés ! Ils avaient les comptes quand ils ont renforcé leur participation ! Hors un administrateur ne peux acheter ou vendre durant la période qui précède l assemblée d autant plus que les résultats étaient bon meme si l état à fait flamber le cours ! que fait cette officine de petit copain coquins qu est l AMF ? Autorité administrative pseudo indépendante qui dépend de l etat 👹🎯
a écrit le 02/11/2015 à 11:46 :
Nous comprenons les interrogations de Nissan ...que le dernier gouvernement entièrement marxo/socialiste en UE , peut être un inconvénient..., pour les investisseurs étrangers ...et une source d'inquiétudes réelles .., pour les esclaves fiscaux nationaux...

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