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Entreprises & FinanceAutomobile

Nissan se dit "inquiet" du poids accru de l'Etat français chez Renault

Photo de Mounia Van de Casteele

latribune.fr

Publié le 02 novembre 2015 à 10:04 - Mis à jour le 02 novembre 2015 à 10:15

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L'Etat est monté au printemps à 19,7% du capital du groupe au Losange, une offensive qui a bouleversé le subtil équilibre entre les deux partenaires et qui n'a pas été du goût de Carlos Ghosn, le PDG de Nissan qui dirige aussi Renault.

Le constructeur d'automobiles japonais Nissan s'est dit lundi "inquiet" de la récente montée de l'Etat français au sein du capital de son partenaire Renault, tout en refusant de commenter les rumeurs de projets de "rééquilibrage" de l'alliance.

"L'Etat français a désormais un poids plus important, du point de vue de Renault c'est un problème important et pour nous, Nissan, c'est un motif d'inquiétude", a déclaré Hiroto Saikawa, directeur de la compétitivité, à l'occasion de la conférence de présentation des résultats semestriels du groupe.

"Nous avons déjà fait part de nos inquiétudes directement à l'Etat français", ainsi qu'au gouvernement japonais "qui comprend" notre position, a-t-il ajouté.

Préserver l'autonomie de Renault"

Le responsable de Nissan a assuré que, loin de vouloir déstabiliser Renault, comme le craint le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, les discussions en cours visaient à "préserver l'autonomie de Renault".

"A cet égard, nous sommes complètement en ligne avec le conseil d'administration de Renault", a assuré M. Saikawa, l'un des bras droits du PDG de Nissan Carlos Ghosn, qui dirige également Renault.

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Cherche une "solution constructive"

Il n'a pas souhaité s'exprimer sur la teneur des discussions. "Nous allons continuer à travailler", y compris avec l'Etat français, pour "parvenir à une solution constructive", "mais nous n'en sommes pas encore à ce stade", a-t-il conclu.

M. Ghosn avait réaffirmé la semaine dernière l'importance de l'alliance Renault-Nissan, née en 1999. "S'il y a une priorité pour tout le monde, c'est bien de sauvegarder cette alliance", avait-il assuré à l'AFP.

Un modèle inédit

Les deux parties sont liées par des participations croisées: Renault détient 43,4% de Nissan, et ce dernier 15% du français.

Cependant, au titre de règles sur "l'autocontrôle", une société en contrôle une autre lorsqu'elle détient au moins 40% de ses parts, empêchant l'autre société, en l'occurrence Nissan, de voter à l'assemblée générale des actionnaires de Renault.

De son côté, l'Etat est monté au printemps à 19,7% du capital du groupe au Losange, une offensive qui a bouleversé le subtil équilibre entre les deux partenaires et qui n'a pas été du goût de Carlos Ghosn.

Ces dernières semaines, les rumeurs ont enflé sur la possibilité que Renault passe sous la barre des 40% de Nissan, afin de débloquer les droits de vote du japonais chez Renault, voire que Nissan monte au capital de son partenaire pour contrer l'influence de l'Etat.

À lire également

  • Renault-Nissan : la tension monte entre Emmanuel Macron et Carlos Ghosn
  • Renault-Nissan: les 4 enjeux d'une alliance en plein tourment
  • L'Etat français veut bloquer la participation de Renault dans Nissan
  • Renault-Nissan: pourquoi le rééquilibrage était devenu inéluctable

Lire aussi : les 4 enjeux d'une alliance en plein tourment

(Avec AFP)

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