Plus de lithium, moins de cobalt : les vertus de la batterie solide confirmées

Les batteries solides permettront demain de baisser significativement l'empreinte carbone de la production des batteries, d'après une étude commandée par l'ONG Transport & Environnement. A condition de respecter des nouvelles normes d'extraction du lithium... Explications.
Nabil Bourassi
(Crédits : David W Cerny)

Les batteries solides sont décidément prometteuses. Alors que les constructeurs automobiles attendent de cette nouvelle génération de batteries une véritable technologie de rupture pour accélérer la bascule vers la voiture électrique, voilà qu'une étude vient également confirmer que cette technologie serait également vertueuse dans son cycle de production.

Le Graal de la mobilité décarbonée

On les appelle solides puisque l'électrolyte qui assure la transmission entre l'anode et la cathode devient solide (en utilisant la céramique) et non plus une solution chimique liquide. Cette technologie doit permettre d'alléger considérablement le poids des batteries, mais aussi leur longévité. Mieux, les constructeurs automobiles promettent qu'elles supporteront des puissances de charge électriques significativement plus puissantes sans dommage. En somme, les batteries solides permettront de gagner en autonomie, en rapidité de charge et en longévité. Le Graal de la mobilité de demain !

Avec l'étude commandée par l'ONG Transport & Environnement (T&E), et conduite par la société Minviro, spécialisée dans l'analyse des cycles de vie des matières premières, on apprend désormais qu'en plus, les batteries solides bénéficient d'un bilan carbone nettement allégé grâce aux matériaux utilisés. L'écart atteint 39% d'émissions de CO2 entre les batteries classiques actuelles et une batterie fabriquée à partir de matériaux durables.

"La technologie solide constituerait un changement radical puisque sa production nécessite beaucoup moins de matériaux, et donc beaucoup moins d'émissions de gaz à effet de serre, grâce à une densité énergétique supérieure", explique Marie Chéron, responsable du pôle véhicule de T&E France, citée dans un communiqué.

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Plus de lithium, moins de cobalt

Mais l'ONG précise que pour atteindre un tel score, il est nécessaire que les conditions de fabrication intègrent des matériaux durables sinon l'écart n'est plus que de 24%. "Les nouvelles méthodes d'extraction, notamment celles du lithium à partir de puits géothermiques, ont un impact climatique nettement inférieur à celui des sources plus couramment utilisées, comme le lithium extrait de roches dures en Australie puis raffiné en Chine", peut-on lire dans le communiqué de T&E.

Cette condition est importante car les batteries solides pourraient utiliser jusqu'à un tiers de lithium en plus... Mais nettement moins de graphite ou de cobalt.

T&E demande ainsi à l'Union européenne qui prépare une réglementation sur les batteries de voitures électriques, de légiférer dans le sens d'une empreinte carbone plus vertueuse.

Les constructeurs automobiles espèrent introduire la batterie solide dans la seconde moitié de la décennie... Mais cette technologie fait encore l'objet d'importants efforts de R&D, et personne n'est encore en mesure de confirmer un calendrier précis.

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Nabil Bourassi
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