Renault-Nissan : Emmanuel Macron militerait en coulisse pour une fusion

D'après Reuters, le ministre de l'Economie aurait exigé de Carlos Ghosn que celui-ci fusionne Renault et Nissan. Le patron des deux constructeurs alliés n'a jamais défendu un tel scénario, préférant celui d'une collaboration intégrée.

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Emmanuel Macron demande à Carlos Ghosn une fusion entre Renault et Nissan, une intrusion stratégique que l'Etat français s'était jusque-là interdit de faire.
Emmanuel Macron demande à Carlos Ghosn une fusion entre Renault et Nissan, une intrusion stratégique que l'Etat français s'était jusque-là interdit de faire. (Crédits : © POOL New / Reuters)

Réunion de crise mardi 3 novembre, révélations d'un projet de fusion le lendemain... Le bras de fer entre l'Etat et Carlos Ghosn, Pdg de Renault, prend de nouvelles proportions. L'agence de presse Reuters révèle qu'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, accentue la pression sur le patron de Renault pour le contraindre à fusionner Renault et Nissan.

Relations exécrables entre Carlos Ghosn et l'Etat

Cette information jette une lumière nouvelle sur les relations entre l'Etat et Carlos Ghosn, qui se sont largement détériorées depuis la montée de l'Etat dans le capital de Renault en avril dernier.

La montée de l'Etat dans le capital de Renault en avril dernier avait été mal vécu par le constructeur japonais qui, depuis, réclame un rééquilibrage des termes de l'alliance notamment en termes capitalistiques. Nissan ne possède ainsi aucun droits de vote dans le groupe français malgré sa participation de 15%.

L'Etat veut une fusion, Carlos Ghosn surtout pas

D'après Reuters, le ministère de l'Economie exhorte Carlos Ghosn depuis des mois à mettre sur pied une équipe travaillant sur les modalités d'une fusion des deux entreprises. Mais Carlos Ghosn s'y serait refusé. Celui qui est également PDG de Nissan n'a jamais défendu, publiquement du moins, l'idée d'une fusion, préférant construire une collaboration étroite et progressive afin de ne pas heurter les sensibilités culturelles des deux entreprises dont il sait qu'elles peuvent être source d'échec. Il s'appuie sur de nombreux exemples de fusions ratées pour des raisons de cultures managériales antagonistes: le rachat de Chrysler par Daimler, le rapprochement de Volkswagen avec Suzuki, ou même le mariage entre Renault et Volvo dans les années 1990.

De plus, le rapport de force entre les deux sociétés ne justifieraient pas la prise de contrôle de Nissan par Renault. Celui-ci est deux fois plus petit en termes de volumes de vente, et Nissan fournit près des deux tiers des profits de l'alliance. D'ailleurs, il serait question d'un rééquilibrage des termes de l'alliance où les deux parties détiendraient des participation croisées entre 25 et 35% du capital.

Le gouvernement tenu à l'écart des questions stratégiques

Jusque-là, le gouvernement ne s'était pas encore mêlé des orientations stratégiques de Renault. Sa montée dans le capital du constructeur automobile visait, officiellement, à faire adopter la règle des droits de vote double, que le conseil d'administration refusait.

Pourtant, la semaine dernière, Emmanuel Macron avait déclaré aux "Echos" qu'il partageait "avec Carlos Ghosn une vraie convergence de vues quant à la vision industrielle".

"Ma volonté, c'est que Renault réussisse avec l'alliance", a-t-il ajouté.

Avec cette phrase, il confortait ainsi la stratégie d'alliance menée par Carlos Ghosn.

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Commentaires 17
à écrit le 05/11/2015 à 8:11
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Pourquoi pas une fusion entre ces 2 grands groupes.Est ce bon pour l'emploi mais RENAULT y perdrait son identité et son image de voiture FRANÇAISE fabriquée ailleurs de la FRANCE.

à écrit le 04/11/2015 à 21:56
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j'ai connu l'époque de la fusion manquée entre RENAULT et VOLVO : alors que les deux patrons de l'époque Raymond Lévy et Peter Ghilenamar étaient près du but et que des dizaines de collaborateurs de RENAULT étaient déjà au travail à Goteborg et qu'in...

à écrit le 04/11/2015 à 18:23
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je resume: la jambe malade exige une fusion ' a ses conditions', apres que l'actionnaire principal, l'etat francais, se soit approprie des droits de vote double sans bourse delier, histoire de peser gratos sur le grand ensemble a, ca, les japonais i...

à écrit le 04/11/2015 à 17:00
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Que Macron (banquier d'affaires) ait des compétences lors d'un rapprochement d'entreprises, sans doute. Que sa vision soit pertinente lorsque les entreprises concernées ne souhaitent pas fusionner, ça se discute; d'autant plus lorsque l'Etat ne détie...

le 08/11/2015 à 22:33
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Et il va faire comment Ghosn pour partir avec Nissan ? Le mieux serait sans doute qu'il parte tout court. Il est vieillissant, il est temps pour lui de quitter la scène.

à écrit le 04/11/2015 à 15:13
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Une fusion ne serait pas pertinente. D'une part Nissan serait sorti de la bourse technologique d'échange dont il bénéficie au Japon comme du financement abondant qui profite à l'Alliance. Ensuite si l'opération tient en matière boursière son momentum...

le 08/11/2015 à 22:36
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Le soucis quand même c'est que Ghosn semble favoriser Nissan depuis longtemps comme si il avait son propre agenda en tête. Et je ne parle même pas du fait qu'il dézingue à tour de bras tous ses remplaçants potentiels chez Renault. Ca ne sent pas trè...

le 09/11/2015 à 16:10
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Bonjour. Beaucoup semble oublier que la fusion Renault nissan a été un rachat deguisser du Japonais par le Français en effet a l époque nissan etait au bord de la banqueroute de ce fait les japonais n'ont rien a dire vue que c'est bien l etat...

à écrit le 04/11/2015 à 15:09
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Les intérêts de Carlos Ghosn ne sont peut être pas les mêmes que ceux de Renault et de l'industrie Française. Salaires, avantages, fiscalités, impôts..... C est peut être aussi la sanction que de nommer des PDG Pharaons, la crainte de perdre son sala...

le 04/11/2015 à 16:18
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Croyez vous que les dirigeants pensent qu à ca ! Ç est bien une vision dérivante d une gauche caviar plus intéressé par le fric que redresser l économie le chômage l image de la france etc.... Relève vos manches et devenez chef d entreprise si il n y...

le 04/11/2015 à 16:50
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+1 Exact. Renault a sauvé Nissan. Et maintenant que tout va mieux chez le Japonnais et que Renault (et donc l'Etat, c'est-à-dire nous) peut en récolter les fruits Ghosn et Nissan veulent inverser l'alliance. Un peu facile non ?

le 08/11/2015 à 22:44
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Moi je suis 100% sur que les dirigeants-salariés comme Ghosn ne pensent qu'à ça et au pouvoir et aux avantages qu'ils tirent de leur position. D'ailleurs Ghosn ne s'en cache même pas : il en parle dans son livre.

à écrit le 04/11/2015 à 15:08
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Les intérêts de Carlos Ghosn ne sont peut être pas les mêmes que ceux de Renault et de l'industrie Française. Salaires, avantages, fiscalités, impôts..... C est peut être aussi la sanction que de nommer des PDG Pharaons, la crainte de perdre son sala...

à écrit le 04/11/2015 à 15:05
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Les Japonais n'ont surtout pas envie d'avoir à rendre compte à des énarques gauchistes. Ces gens ne savent rien de la vie et ils sont aussi arrogant qu'incompétents. Attention à ne pas gâter l'alchimie entre les deux sociétés. Ces gens de l'état fran...

le 04/11/2015 à 16:52
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Si Nissan est encore en vie c'est grâce à Renault, qui est une entreprise dans laquelle l'Etat français exerce une influence. C'est un fait. Alors arrêtez avec vos postures idéologiques basiques.

à écrit le 04/11/2015 à 15:04
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Ou en est la plainte de Xavier Kemlin a l AMF pour délit d inités de l agence de participation de l état ?

à écrit le 04/11/2015 à 14:35
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Le rachat (partiel) de NISSAN par RENAULT a été un vrai succès et a largement permis aux Japonais de sortir de l'ornière avec ses modèles d'un autre âge. Le coup de génie en revient à L. SCHWEITZER. La gestion au plus près et l'intégration c'est autr...

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