Renault-Nissan : le 6 novembre, l'État aurait tenté une conciliation, qui a échoué

Selon des sources de Reuters, quelques heures avant le conseil d'administration de Renault convoqué en urgence, l'État français a fait une proposition pour mettre fin au bras de fer. Mais c'était sans compter la détermination des deux constructeurs à rééquilibrer l'alliance.
Nissan voudrait rééquilibrer les termes de l'alliance où les deux parties détiendraient des participation croisées entre 25 et 35% du capital.
Nissan voudrait rééquilibrer les termes de l'alliance où les deux parties détiendraient des participation croisées entre 25 et 35% du capital. (Crédits : © Thomas Peter / Reuters)

Une tentative de compromis rejetée. Plusieurs sources ont déclaré à Reuters que, quelques heures avant la convocation du conseil d'administration d'urgence le 6 novembre, le gouvernement avait proposé de limiter ses droits de vote dans Renault pour tenter de mettre fin au bras de fer engagé avec le constructeur français et son partenaire Nissan; en vain, Carlos Ghosn, Pdg des deux groupes, restant en effet plus que jamais déterminé à imposer un renforcement du constructeur japonais au sein de l'alliance.

Ces sources n'ont pas apporté de détail sur la limitation proposée.

"Revenir en arrière ne suffit plus"

Cette tentative de conciliation n'a pas empêché Hiroto Saikawa, le numéro 2 de Nissan, d'exprimer lors du conseil de Renault son profond désaccord avec la position française, a déclaré l'une de ces sources. Il a réaffirmé ensuite publiquement que l'octroi de droits de vote doubles à l'Etat -comme prévu par la loi Florange- était une source majeure de déséquilibre au sein de l'alliance.

"Proposer de revenir simplement sept mois en arrière ne suffit plus. Il est clair qu'il faut maintenant améliorer l'équilibre entre les deux groupes", observe une source chez Renault-Nissan.

Contactés par Reuters, des porte-parole de Renault, de Nissan et du ministère de l'Economie se sont refusés à tout commentaire.

     | Lire Renault-Nissan : les 4 enjeux d'une alliance en plein tourment

Pour mémoire, il a été décidé lors du conseil de Renault de créer une sous-commission composée d'administrateurs indépendants pour assurer le suivi des discussions entre l'Etat et Nissan. Un nouveau conseil est prévu le 11 décembre.

Une fusion pas à l'ordre du jour pour Macron

La montée de l'Etat dans le capital de Renault en avril dernier avait été mal vécu par le constructeur japonais qui, depuis, réclame un rééquilibrage des termes de l'alliance notamment en termes capitalistiques (Renault possède 43,4% du capital de Nissan). Nissan ne possède ainsi aucun droit de vote dans le groupe français malgré sa participation de 15%.

Pour le constructeur japonais, le rapport de force entre les deux sociétés ne justifieraient pas la prise de contrôle de Nissan par Renault. Celui-ci est deux fois plus petit en termes de volumes de vente, et Nissan fournit près des deux tiers des profits de l'alliance. D'ailleurs, il serait question d'un rééquilibrage des termes de l'alliance où les deux parties détiendraient des participation croisées entre 25 et 35% du capital.

Emmanuel Macron a lui même temporisé en début de semaine en affirmant qu'une fusion n'était pas à l'ordre du jour, se conformant ainsi à la ligne tenue par le Premier ministre Manuel Valls. Le ministre de l'Economie s'était dit en revanche en faveur d'une "intégration opérationnelle" des deux constructeurs automobiles, alors que d'après Reuters il militait début novembre auprès de Carlos Ghosn pour une fusion complète.

(avec Reuters et AFP)

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Commentaires 11
à écrit le 21/11/2015 à 18:44
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Il devient insupportable à des millions de français ,de voir MONSIEUR Ghosn , il se prend pour qui pour essayer d'abuser de son poste . Et nous l'aurons vite remplacer par un français qui défendra les intérêts de Renault . Il n'a cessé depuis qu'il ...

à écrit le 15/11/2015 à 14:42
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Nationalisation !

à écrit le 14/11/2015 à 10:47
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On ne sait si ces sources sont fiables, pour le cas ou elles s'avéreraient justes il serait évident que Carlos Ghosn devrait partir, y compris pour le cas d'une mésentente c'est à dire d'un dépassement des échanges de vues naturelles. Tout cela n'enl...

à écrit le 13/11/2015 à 20:35
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Les politiciens ne devraient pas participer à la gestion opérationnelle quotidienne de l'entreprise, mais les propriétaires doivent veiller à ce que l'entreprise est bien gérée. Renault est une entreprise française et Nissan est sa filiale, ce qui de...

à écrit le 13/11/2015 à 20:19
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Demandant de renforcer la position de Nissan dans l'alliance lorsque Ghosn a été l'une des principales raisons de Renault faiblesse est vraiment impudent.

à écrit le 13/11/2015 à 20:08
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L’échecs en Russie, Iran, Brésil. Absence de Chine et des États-Unis. Mauvais produits en Inde. Gamme de produits très limitée en Corée du Sud. Même en Europe, le plus important marché de Renault le très réussite segment des SUV, jusqu'à récemment a...

à écrit le 13/11/2015 à 19:54
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Valls est sans doute un expert en strategie politique mais n'y connait rien en strategie industrielle et financiere. A vouloir revenir a la periode glorieuse de la nationalisation des moyens de production par la montee au capital de Renault, on va fi...

à écrit le 13/11/2015 à 18:13
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Nissan, moribond il y a une décennie, est parvenu à se refaire une santé (supposée) de fer ! Fort de son constat économique (au détriment des produits Renault depuis le début des années 2000), Nissan veut en + croquer sa part du gâteau financé par.....

à écrit le 13/11/2015 à 18:08
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Ce sont les contribuables français qui ont sauvé Nissan, et Ghosn avec ses affidés Tavares Pelatta ont dépecé Renault, sans oublier que c'est Schweitzer qui nommé ces serpents ; Il y a donc lieu de trancher dans le vif, et remercier sans ménag...

à écrit le 13/11/2015 à 17:37
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Dire que l'alliance a été bénéfique pour les deux membres est un mensonge. Il suffi t de regarder la façon dont les ventes des deux entreprises ont changé depuis Ghosn au pouvoir. Cette alliance est maintenant arrivé à ses limites. Renault n'a pas se...

à écrit le 13/11/2015 à 17:32
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Que Macron et Valls s'occupent de gérer le pays (qui est en piteux état après trois années de pouvoir socialiste).... Et laissent la gestion de Renault Nissan aux vrais Pros !

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