Senard-Bolloré : un tandem pour succéder à Carlos Ghosn chez Renault

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Le tandem Bolloré (à gauche)-Senard ( à droite)
Le tandem Bolloré (à gauche)-Senard ( à droite) (Crédits : Philippe Wojazer)
Jean-Dominique Senard a été officiellement désigné président de Renault par le conseil d'administration du groupe automobile. Il sera secondé par Thierry Bolloré, désormais Directeur Général. La priorité sera de restaurer le dialogue avec Nissan, qui a été largement altéré après l'affaire de l'arrestation de Carlos Ghosn.

Renault a nommé ce jeudi Jean-Dominique Senard, actuel président de Michelin, comme nouveau président du groupe au losange, et l'actuel patron opérationnel Thierry Bolloré au poste de directeur général, tournant ainsi la page de l'ère Carlos Ghosn.

Dans un communiqué, le conseil d'administration de Renault a "pris acte" de la démission de celui qui fut sans interruption directeur général de Renault depuis 2005, et PDG depuis 2009, plus de deux mois après son arrestation au Japon sur des accusations de malversations financières.

"Je mesure, vous vous en doutez, l'importance de la tâche, et je suis très honoré (...) de rejoindre un groupe dont la résonance en France et dans le monde n'est plus à faire", a déclaré Jean-Dominique Senard lors d'une conférence de presse, au siège de Renault, au côté de Thierry Bolloré.

Vers une nouvelle gouvernance

Le conseil de Renault a fixé deux priorités à Dominique Senard, qui conservera par ailleurs la présidence de Michelin jusqu'à l'échéance normale de son mandat en mai prochain. Il devra d'abord proposer au conseil dans les semaines qui viennent une nouvelle gouvernance du constructeur français.

Il aura également la "pleine responsabilité" du pilotage de l'alliance pour le compte de Renault, en liaison avec le directeur général. A ce titre, il sera l'interlocuteur principal de Nissan et des autres partenaires "pour toute discussion sur l'organisation et l'évolution de l'alliance".

"Il y aura une deuxième tâche essentielle, qui sera de m'engager très rapidement dans les discussions qui ont lieu aujourd'hui dans l'alliance, avec nos partenaires de Nissan et de Mitsubishi", a souligné Jean-Dominique Senard, ajoutant que Renault et l'alliance devaient retrouver "une forme de sérénité après les évènements particulièrement extraordinaires que nous venons de vivre."

L'Etat français, principal actionnaire du constructeur automobile français, a salué par la voix de Bruno le Maire l'annonce du nouveau binôme.

"L'alliance Renault-Nissan a besoin d'une gouvernance solide et stable pour relever les défis de la double révolution technologique de l'industrie automobile: celle des batteries et moteurs électriques mais aussi celle des véhicules autonomes", a dit le ministre de l'Economie dans un tweet.

"Une nouvelle page de l'histoire de Renault s'ouvre (...) L'alliance Renault-Nissan doit rester le numéro 1 mondial et continuer à faire la fierté de ses salariés", a-t-il ajouté.

Senard n'a pas cité Carlos Ghosn

Renault et son partenariat franco-japonais ont été ébranlés par la chute brutale de l'artisan et homme fort de l'alliance, toujours incarcéré au Japon. Jean-Dominique Senard a rendu hommage à ses prédécesseurs, mais sans jamais citer le nom de Carlos Ghosn. "Ce groupe a été porté au niveau où il est aujourd'hui, c'est-à-dire au niveau mondial, par tous les dirigeants de Renault dans le passé, les uns après les autres", a-t-il déclaré.

Thierry Bolloré, 55 ans, a pour sa part été à nouveau promu. Directeur général adjoint depuis le début 2018, il avait été nommé directeur général délégué par intérim après l'arrestation de Carlos Ghosn, assurant depuis la continuité opérationnelle du constructeur.

Entré chez Renault en 2012 après avoir commencé sa carrière chez Michelin, il a déclaré dans une brève allocution qu'il avait déjà commencé à travailler avec le nouveau président de Renault sur les sujets du groupe et de l'alliance dès vendredi matin.

Le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, a déclaré lors d'une conférence de presse au Japon qu'il espérait que ces nominations permettraient d'ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre le constructeur japonais et Renault, qu'il a jugées parfois difficiles dans le passé.

A 14h46, le titre Renault progressait de 1,2541% à 58,13 euros, après avoir touché vers midi 58,60 euros, son plus haut du titre depuis le 13 décembre dernier.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 25/01/2019 à 7:47 :
Amusant de constater que Carlos GHOSN venait également de MICHELIN. Par qui remplacer MACRON? On ne cherchera évidemment pas chez ROTHSHILD ni à l'ENA. Carlos TAVARES, peut-être?
a écrit le 24/01/2019 à 22:04 :
Pas sûr qu'ils soient payés deux fois moins que Ghosn chacun. Cela risque plutôt de coûter à Renault deux fois plus cher, Ghosn ayant tracé la route...
a écrit le 24/01/2019 à 19:54 :
Un mot d ordre: place a la jeunesse !
a écrit le 24/01/2019 à 19:27 :
Les nouveaux dirigeants suivront-ils l'exemple de C. Ghosn? payer ou plutot ne pas payer leurs impots aux Pays bas?

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