Affaire Carlos Ghosn : la justice japonaise refuse (encore) de libérer l'ancien PDG de Nissan

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Carlos Ghosn est détenu depuis plus de deux mois au Japon.
Carlos Ghosn est détenu depuis plus de deux mois au Japon. (Crédits : Srdjan Zivulovic)
Le tribunal de Tokyo a annoncé, ce mardi 22 janvier, le rejet d'une nouvelle demande de libération sous caution de Carlos Ghosn. Le patron déchu n'entrevoit toujours pas la fin de sa détention provisoire.

Quand c'est non, c'est non. Détenu depuis le 19 novembre au Japon, soit un peu plus de deux mois, l'ancien PDG de Nissan Carlos Ghosn a vu sa troisième demande de libération rejetée par le tribunal de district de Tokyo ce mardi 21 janvier. Un énième coup dur pour le patron déchu  dont les avocats ne parviennent toujours pas à obtenir la libération en dépit de la bonne volonté affichée par leur client. Pour cause, M. Ghosn avait promis de rester au Japon s'il était remis en liberté et avait affirmé être prêt à être placé sous bracelet électronique. Mais ce dernier dispositif, assez courant en France, n'existe pas au Japon. De guerre las, ses arguments n'ont de fait pas convaincu la justice japonaise qui l'a renvoyé à sa geôle.

Si des tractations sont en cours pour lui trouver un successeur chez Renault, celui qui est encore PDG de la marque au losange est sous le coup de trois inculpations pour abus de confiance et autres malversations financières. Sa détention provisoire court pour le moment jusqu'au 10 mars et peut être prolongée chaque mois. Une autre demande de libération sous caution avait déjà été rejetée en première instance, puis en appel, la semaine précédenteLe tribunal de Tokyo n'a pas fourni de détails sur le rejet de cette nouvelle demande mais il est rare au Japon qu'un inculpé qui nie les accusations portées contre lui soit libéré sous caution avant son procès.

Il clame toujours son innocence

Le tribunal a jusqu'à présent justifié la privation de liberté de M. Ghosn par un risque de dissimulation ou destruction de preuves et de fuite. Les procureurs ont argué auprès du juge que M. Ghosn, qui passait le plus clair de son temps à l'étranger, pourrait être tenté de se soustraire à la justice japonaise.  Au pied du mur, Carlos Ghosn continue d'affirmer qu'il est innocent. "Je ne suis pas coupable des accusations qui pèsent contre moi et j'ai hâte de défendre ma réputation devant le tribunal", a écrit l'ancien mogul de l'automobile dans un communiqué.

Lire aussi : Affaire Ghosn : Nissan et Mitsubishi réclament près de 8 millions d'euros à leur ancien PDG

Par ailleurs, sa femme et ses enfants se sont offusqués, par voie de presse notamment, des conditions dans lesquelles il est enfermé. Des critiques auxquelles les autorités nippones se montrent insensibles. M. Otsuru a cependant assuré que son client ne s'était jamais plaint auprès de lui. Il peut en outre désormais recevoir la visite de sa famille, en plus de celles de ses avocats et des représentants des pays dont il détient la nationalité (France, Brésil, Liban).

(Avec agences)

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a écrit le 22/01/2019 à 21:10 :
S'il rendait les 8 millions de $ qu'il a touchés indument, peut-être qu'on croirait en sa parole à Tokio...
a écrit le 22/01/2019 à 15:20 :
La procédure normale japonaise exclut toute libération avant le procès, si procès il y a. S'il y a un procès, c'est que la justice japonaise détient suffisamment de preuves formelles pour condamner Mr Ghosn. Au Japon soit on relaxe avant tout procès, soit un procès a lieu et dans 99,9% des cas l'inculpé est condamné. En l’occurrence, sauf coup de théâtre lavant Mr Ghosn de toute accusation démontrée, il va faire de l'ordre de 15 ans de prison compte tenu de ce qui lui est reproché.
a écrit le 22/01/2019 à 14:18 :
Pourtant, il avait promis de rester au Japon.
D'un autre côté, en restant en prison, sa promesse sera tenue au moins aussi bien, sinon mieux !

Quant à sa femme qui revendique la citoyenneté française de son mari, on aurait aimé que cet amour pour la patrie se concrétise par une résidence fiscale de ses impôts ... en France, et pas aux Pays Bas.

Je suggère à Mme GHOSN de demander l'aide des Pays Bas.
Avec les retombées financières qu'ils ont eu du couple GHOSN, les Pays Bas leur doivent bien d'intercéder en leur faveur, après tout.

La France, par contre, pour le peu de cas qu'ils font de notre administration, je ne voit pas pourquoi on jouerait à Ducros.
Il n'y a pas de raison que l'on se décarcasse pour un type qui s'en met plein les poches sur le dos de la collectivité, et qui ne veut pas payer sa juste contribution, après tout, non ?
a écrit le 22/01/2019 à 12:30 :
il y a faute grave.licenciement sans indemnités
m ghon ou pas comme tous sans oublier amende
et point retraite suprime
Réponse de le 22/01/2019 à 15:14 :
Il a vraisemblablement été payé pendant ses 2 mois de préventive . Je doute de convaincre mon employeur de payer si la justice me garde en prison .
Réponse de le 22/01/2019 à 15:14 :
Il a vraisemblablement été payé pendant ses 2 mois de préventive . Je doute de convaincre mon employeur de payer si la justice me garde en prison .
a écrit le 22/01/2019 à 10:00 :
On a jamais vu un patron d'une multinationale traité comme ça mais on a jamais vu non plus en France des dirigeants politiques aussi faibles. Les conséquences ne peuvent qu'être désastreuses.

Prioriser l'argent sur la puissance politique est une erreur fatale engendrée du fait du manque total de nos propriétaires de capitaux et d'outils de production d'entrevoir des stratégies ne serait-ce qu'à moyen terme.

Même les patrons des constructeurs allemands ont été mieux traités par Trump qui les a convoqué discrètement sans que rien ne sorte de la tournure de la rencontre même si on sait pertinemment qu'ils se sont au moins bien fait secouer le cocotier mais c'est discret, il n'y a pas d'humiliation exposée.

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