[Article publié le samedi 12 avril 2025 à 9h01, mis à jour à 17h02]
Les élucubrations de Donald Trump auront eu pour bienfait de rapprocher l'Union européenne... de la Chine. A l'occasion d'une rencontre avec le président espagnol Pedro Sanchez, ce vendredi, le président chinois Xi Jinping a appelé les Vingt-sept à « résister ensemble » face à la guerre commerciale de Donald Trump.
Et ce discours pourrait se transformer en actions concrètes très rapidement. Selon un porte-parole de l'UE, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, s'est entretenu au cours des vingt-quatre dernières heures avec le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao. Lors de cette conversation le commissaire a affirmé qu'il envisageait de mettre fin aux droits de douane sur les véhicules électriques chinois.
Ces taxes, portées en octobre dernier jusqu'à 45,3 % par le bloc communautaire pourraient alors être remplacées par un prix plancher imposé aux véhicules importés de l'ex-Empire du Milieu. Avec ce seuil, qui pourrait être autour de 20 000 à 25 000 euros selon une estimation faite par un connaisseur du dossier, « les constructeurs chinois vont vendre plus cher et gagner davantage », affirme à La Tribune Thomas Weber, directeur associé au BCG et expert de l'automobile. BYD, Geely et d'autres constructeurs chinois vendent aujourd'hui beaucoup de véhicules à moins de 20 000 euros en Europe, des prix que peinent à atteindre les fabricants européens.
Cette stratégie avait justement été mise en place pour protéger les entreprises européennes de la concurrence des mastodontes chinois accusés d'être subventionnés illégalement par Pékin. Avant que tout ne soit chamboulé par Donald Trump.