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Volkswagen ne cède pas sur son projet de restructuration

latribune.fr

Publié le 04 décembre 2024 à 14:47 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 19:49

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18 juillet 2026

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La direction du constructeur allemand a encore insisté ce mercredi sur l'urgence de restructurer le groupe en baissant les coûts de main-d'œuvre en Allemagne. De quoi attiser la colère des représentants des salariés.

Volkswagen persiste et signe. « Nos coûts de main-d'œuvre sont devenus trop élevés en Allemagne. C'est pourquoi des mesures urgentes sont nécessaires pour assurer l'avenir de Volkswagen », a déclaré ce mercredi Oliver Blume, le PDG, lors d'une assemblée générale au siège du groupe à Wolfsburg, dans le centre de l'Allemagne.

Le dirigeant a rappelé la « gravité » de la situation. « De nouveaux concurrents pénètrent le marché avec une force sans précédent. La pression sur les prix est immense (...). Parallèlement, le marché automobile européen s'est rétréci. Plus d'offre, moins de demande, cela nous oblige à agir, maintenant », a-t-il appuyé.

« La vérité est qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas viables avec nos structures, nos surcapacités et nos coûts », a abondé dans un communiqué Thomas Schäfer, le directeur de la marque VW, la plus en difficulté du groupe alors qu'elle représente un peu plus de la moitié des ventes.

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Argument de longue date

Ce n'est pas la première fois que la direction du constructeur met en avant ses coûts trop élevés. Produire en Allemagne « coûte clairement trop cher », assénait il y a quelques semaines l'un de ses tracts distribué aux salariés des principaux sites allemands. Les coûts de l'électricité et de la main-d'œuvre posent un défi important outre-Rhin, où toute l'industrie souffre de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.

Dans ce contexte, « VW a trop d'employés qui produisent trop peu », estimait fin septembre l'expert automobile Stefan Bratzel. Exemple à l'appui : la marque a produit l'an dernier 2,52 millions de véhicules avec 200.000 salariés dans le monde, dont 120.000 en Allemagne. À titre de comparaison, la marque japonaise Toyota en a fabriqué près de quatre fois plus, soit 9,5 millions, avec à peine deux fois plus de salariés. La marge bénéficiaire de VW, à 4,1% en 2023, est d'ailleurs bien en-dessous de celle de ses principaux rivaux.

Reconquérir le marché chinois

En parallèle, Volkswagen ne peut plus compter, comme dans les années fastes, sur l'immense marché chinois pour doper ses performances. Le ralentissement économique en Chine freine la demande et donc les achats de voitures. Or, ce marché représentait d'ordinaire environ un tiers des ventes du groupe au niveau mondial. Elles se sont affichées en recul de 10% sur les neuf premiers mois de l'année.

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Dans le même temps, les fabricants chinois, notamment BYD, ont rapidement imposé leur avance technologique en matière de véhicules électriques. Et ainsi grignoté les parts de marché des constructeurs européens, notamment celles de Volkswagen.

Mais Oliver Blume ne veut pas se laisser abattre et fait de la reconquête du marché chinois l'un de ses objectifs. « Nous devons remonter la pente après de nombreuses années de succès », a-t-il déclaré ce mercredi, qualifiant ce marché de « perle de rentabilité ».

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Bras de fer avec les salariés

Dans ce contexte, la direction de Volkswagen entend mettre à exécution un plan de restructuration. Celui-ci pourrait inclure des fermetures d'usines en Allemagne et des dizaines de milliers de suppressions d'emploi, une première en 87 ans d'histoire. Le constructeur compte dix sites de production dans le pays et environ 300.000 salariés.

Reste que les représentants des salariés du géant allemand, et notamment le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall, sont vent debout contre cette volonté de leur direction. Les deux parties se sont lancées dans des négociations depuis fin septembre, qui n'ont pour le moment pas trouvé d'issue. Si bien qu'une première grève a mobilisé lundi près de 99.000 salariés dans tous le pays d'après IG Metall, sur les 120.000 salariés allemands de la marque VW.

Cette première mobilisation a eu pour but de servir « d'avertissement ». La présidente du comité d'entreprise a en effet menacé d'amplifier le conflit social. « Soit nous nous rassemblons et commençons sérieusement à envisager des compromis (...) soit le conseil d'administration campe sur ses positions et la situation s'envenime », a prévenu Daniela Cavallo face aux salariés. Une nouvelle séance de négociations, la quatrième, est prévue lundi 9 décembre prochain.

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Les ventes de voitures ont baisse en novembre en Allemagne. Au total, 244.544 véhicules ont été immatriculés, soit -0,5% de moins qu'un an plus tôt, selon les chiffres de l'Agence fédérale pour l'automobile (KBA) publiés ce mercredi. Les immatriculations de voitures 100% électriques ont, elles, chuté de 21,8% en novembre. Elles ne représentent ainsi que 14,4% du total des ventes, loin derrière la moyenne de 2023, supérieure à 18%. Cette baisse, qui dure depuis un an, est due à différents facteurs. Que sont la frilosité des consommateurs touchés par l'inflation, la suppression des bonus à l'achat et des prix toujours trop élevés.

Dans le détail des constructeurs allemands, Volkswagen n'a vu ses ventes totales progresser que de 0,7% en novembre. Il détient néanmoins toujours le plus de parts de marché (19,5%). Le marché a été plus florissant pour BMW (+2,2% pour 9,2% de parts de marché) et Mercedes (+5,8% pour 10,6% de parts de marché). Et encore plus pour les constructeurs étrangers comme Toyota (+104,5% pour 4,2% de part de marché) ou Peugeot (78,5% pour 2,9% de parts de marché).

(Avec AFP)

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