DÉCRYPTAGE. Les restrictions de circulation vont se durcir dans certaines zones à faible émission - ces espaces routiers au cœur des agglomérations où la circulation des automobiles les plus polluantes est limitée - quand, pour d'autres, l'entrée en vigueur de la mesure se fera progressivement.C'est un autocollant que les Français ont désormais l'habitude d'avoir derrière leur pare-brise : la vignette Crit'Air (certificat qualité de l'air), numérotée de 0 à 5, selon l'âge et le carburant du véhicule. Un repère obligatoire dans les zones à faibles émissions (ZFE), ces espaces routiers visant à limiter la circulation des automobiles les plus polluantes dans le cœur des agglomérations. Des restrictions qui vont se durcir dès le 1ᵉʳ janvier.
En application d'un comité ministériel pour la qualité de l'air du 19 mars 2024, les métropoles de Paris et de Lyon doivent en effet bannir, de leur cœur, les Crit'Air 3, c'est-à-dire les voitures diesel de plus de 14 ans et les voitures essence de plus de 19 ans. Ces deux grandes villes dépassent en effet les seuils réglementaires de l'OMS en matière de dioxyde d'azote.
Des négociations avec l'Etat dans le Grand Paris
Et pour cause, selon une étude de l'Apur, publiée en septembre dernier, 23% des voitures particulières immatriculées dans le périmètre de la ZFE du Grand Paris ont une vignette Crit'Air 3 ou plus. Mais, faute d'aides à la conversion, la métropole a décidé de revoir les dérogations de circulation. Les automobilistes concernés pourront donc toujours rouler, non plus 12, mais 24 jours, dans 77 communes délimitées.
« Imaginez que vous souhaitiez vous rendre chez le médecin et qu'il vous a été impossible de mettre à jour votre véhicule. Nous ne pouvons pas geler entièrement la circulation dans l'immédiat » a justifié Patrick Ollier, le président (LR) de la métropole du Grand Paris, qui compte bien « reprendre les négociations avec l'Etat au plus vite ».
Alexandre Schmitt (Paris), Emma Rodot (Lyon), Laurence Bottero (Marseille), Pascale Paoli-Lebailly (Brest et Rennes), Florence Falvy (Nantes), Pierre Cheminade (Bordeaux) et Cécile Chaigneau (Montpellier)