REPORTAGE. A quelques kilomètres de Meaux, la TPE Terzeo, détenue par des professionnels des travaux publics et du recyclage, vient d'ouvrir une usine de 70 hectares visant à valoriser les sols franciliens en cailloux et en sable.Les chiffres donnent le tournis : d'ici à 2031, date de livraison du métro du Grand Paris Express, 43 millions de tonnes de terres auront été extraites des sols franciliens pour construire les 200 kilomètres de nouvelles lignes et les 68 gares afférentes. Plutôt que de les laisser pourrir en décharge, la Société des grands projets (ex-Société du Grand Paris) s'est fixée comme objectif d'en valoriser 70 %. Un métier sur lequel se positionnent des entreprises comme ECT ou la TPE Terzeo.
Cette dernière est détenue à parts égales par Ensis, entreprise de travaux publics et de recyclage, et par Tersen, filiale de Colas, la branche rail et route du groupe Bouygues. Elle vient d'inaugurer à Isles-lès-Villenoy (Seine-et-Marne) une usine de 70 hectares. D'un côté, elle récupère des boues et des terres polluées au dos des camions ; de l'autre, elle livre des matériaux de construction prêts à l'emploi aux professionnels du BTP.
25 millions d'euros d'investissement
L'opération a coûté 25 millions d'euros d'investissement à ses deux actionnaires. Elle a mis quinze ans à sortir de terre, le temps que toutes les autorisations soient accordées. Sans parler des recours des différentes associations au nom de la protection de l'environnement.
« Et ce alors que nous réalisons une triple économie de foncier : le recyclage de terres évite leur stockage, la production de granulats évite d'ouvrir une carrière et l'implantation sur une friche industrielle évite de consommer de la terre agricole »,soulignent le président et le directeur de Terzeo, Lionel Raymond et Amaury Cudeville.
La préfecture leur permet de traiter jusqu'à 200.000 tonnes de boues et de terres chaque année.
150.000 tonnes de nouveaux granulats par an
A leur arrivée, les matières sont stockées dans un bâtiment fermé de 4.200 m² avant d'être analysées sur place dans un laboratoire. Sa responsable, Diane, biophysicienne, y prélève un échantillon de 300 à 500 grammes qu'elle passe dans ses différentes machines pour analyser hydrocarbures et métaux. Au total, elle doit contrôler vingt-trois paramètres en vertu d'un arrêté ministériel.
César Armand, à Isles-lès-Villenoy