Crise du logement : une année « blanche » et des chiffres alarmants
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Les demandes de logements sociaux ont explosé, atteignant près de 2,8 millions de ménages fin 2024.
© Charles Platiau / Reuters
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Les demandes de logements sociaux ont explosé, atteignant près de 2,8 millions de ménages fin 2024.
© Charles Platiau / Reuters
Un rapport de 342 pages qui aligne les chiffres alarmants, notamment celui des 735 personnes mortes dans la rue, âgées en moyenne de 49 ans — un record en douze ans. Publié lundi, ce 30e rapport de l'ex-Fondation Abbé Pierre, devenue la Fondation pour le logement, ne voit presque rien à sauver des actions gouvernementales en 2024. Avec sept mois sans ministre du Logement en mesure de prendre des décisions importantes, l'année aura été « presque blanche », fustige la Fondation.
Les deux principales mesures prises par l'exécutif - l'extension du prêt à taux zéro et l'exonération exceptionnelle de droits de succession en cas d'achat d'une résidence principale - sont jugées « contestables » car « inégalitaires et peu écologiques ». En 2024, la Fondation évalue à 350 000 le nombre de personnes sans domicile, soit une hausse de 6 % sur un an et de 145 % depuis 2012. En parallèle, 4,2 millions de personnes sont considérées comme mal logées, vivant sans logement ou dans des conditions précaires.
Conséquence directe, 5 000 à 8 000 personnes, dont 1 000 à 3 000 enfants, sont refoulées chaque soir par le 115, faute de places en hébergement d'urgence. Par ailleurs, plus de 100 000 personnes vivant dans des lieux de vie informels (squats, bidonvilles) ont été expulsées en 2024, un autre record. Une politique que la Fondation qualifie de « posture répressive vouée à l'échec si elle ne s'attaque pas aux causes ».
Le responsable déplore que les préoccupations économiques et la relance de l'activité immobilière aient pris le pas sur l'urgence sociale, alors que la crise du logement exige de rééquilibrer les priorités. Dans ce contexte, les demandes de logements sociaux ont explosé, atteignant 2.8 millions de ménages fin 2024. Pour la première fois, le cap du million d'interventions pour impayés a été franchi en 2023, soit presque deux fois plus qu'en 2020. Avec, à la clé, des réductions de puissance ou des coupures d'électricité et de gaz.
Le rapport critique également les réductions budgétaires sur la rénovation énergétique, rappelant que 12 millions de personnes sont en précarité énergétique et que 30 % des ménages ont eu froid dans leur logement en 2024. Face à cette crise, la Fondation appelle à « changer de cap », en redonnant des moyens aux organismes HLM et en généralisant l'encadrement des loyers.
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Selon l'Union sociale pour l'habitat (USH), 85 300 logements sociaux ont été agréés en 2024, une hausse de 4 %, mais encore très insuffisante. Dans le détail, le nombre de logements très sociaux (financés par le prêt locatif aidé d'intégration, PLAI) stagne selon le ministère du Logement, mais diminue selon l'USH. En revanche, les logements financés par le prêt locatif social (PLS), destinés aux ménages trop riches pour un HLM mais trop pauvres pour le privé, ont bondi de 39,1 %, notamment grâce aux résidences étudiantes.
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Au 31 décembre 2024, 2,76 millions de ménages attendaient un logement social, soit 100 000 demandes supplémentaires en un an. Les disparités régionales sont marquées, avec un effondrement de la production en Île-de-France, en Paca et en Occitanie.
(Avec AFP)
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