Lafarge-Holcim : une fusion à 35 milliards d'euros, malgré les obstacles

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La fusion entre le groupe français et son allié suisse devrait être achevée en juillet.
La fusion entre le groupe français et son allié suisse devrait être achevée en juillet. (Crédits : © Srdjan Zivulovic / Reuters)
Après l'obtention de l'accord des actionnaires d'Holcim, la fusion devrait être achevée en juillet. Le nouveau groupe, LafargeHolcim, numéro un mondial du ciment, du béton et des granulats, devrait peser plus de 35 milliards d'euros de chiffre d'affaires au total dans une centaine de pays avec près de 130.000 salariés. Mais pour y arriver, les deux groupes ont dû faire des compromis et accepter de nombreuses cessions d'actifs.

C'était le dernier feu vert requis et il a été obtenu haut la main. À 93,7%, les actionnaires du cimentier suisse Holcim ont approuvé vendredi 8 mai lors d'une assemblée générale extraordinaire l'augmentation de capital nécessaire au projet de fusion avec le français Lafarge. Annoncé l'an passé, ce mariage vise à créer un nouveau numéro un mondial du secteur.

La fusion devrait être achevée en juillet. Le nouveau groupe, LafargeHolcim, numéro un mondial du ciment, du béton et des granulats, devrait peser plus de 35 milliards d'euros de chiffre d'affaires au total dans une centaine de pays avec près de 130.000 salariés. Il vise 1,4 milliard d'euros de synergies au terme de la phase d'intégration, prévue pour durer entre 12 et 18 mois. Mais pour y arriver, les deux groupes ont dû surmonter de nombreux obstacles.

Des concessions considérables pour satisfaire les autorités

La Commission européenne a approuvé l'opération dès le mois de décembre, en échange de 6,5 milliards d'euros de cessions d'actifs conclues depuis avec l'Irlandais CRH. Pour le décrocher, les deux géants n'avaient pas ménagé leurs efforts et ont accepté de céder un nombre significatif d'actifs (cimenteries, centres de broyage etc) en Europe. Des activités qui se chevauchaient pour la plupart mais qui représentent 20% du chiffre d'affaires du futur groupe en Europe et 10 à 15% au niveau mondial.

La Commission fédérale du commerce (FTC) américaine a quant à elle accordé lundi4 mai son feu vert aux deux groupes. Ces derniers doivent vendre des cimenteries, des terminaux et une carrière pour obtenir le feu vert à leur opération, avait alors précisé la FTC.

Révisions des accords au profit d'Holcim

Le projet avait également été menacé ces derniers mois par des divergences et des doutes sur ses modalités financières. Ces turbulences ont conduit fin mars les deux groupes à réviser d'un commun accord le projet pour en modifier les modalités au profit des actionnaires d'Holcim.

Outre la révision de la parité d'échange des titres, le groupe suisse a obtenu gain de cause sur la gouvernance, le PDG de Lafarge Bruno Lafont renonçant à la direction générale du nouvel ensemble au profit du Franco-Américain Eric Olsen.

Un milliardaire russe menaçait le projet

Holcim a ensuite dû vaincre les réticences de son deuxième actionnaire, Eurocement, le groupe du magnat russe du ciment Filaret Galtchev, qui détient 10,8% de son capital. Il était la figure la plus visible d'un mouvement plus large d'actionnaires sceptiques face au projet de fusion.

Ce dernier a fini par apporter son soutien au projet en acceptant un poste d'administrateur au sein de la nouvelle entité, rejoignant ainsi le premier actionnaire, Thomas Schmidheiny (20,1% du capital). Le troisième, Harris Associates (3,2%), a annoncé son accord lundi 4 ma.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 07/06/2015 à 22:54 :
Très content pour cette fusion, désormais l'innovation sera au cœur de nos cimenteries. Bien venue à Lafarge-Holcim.
a écrit le 10/05/2015 à 0:08 :
On lui donne combien de temps à cette fusion ??
Réponse de le 10/05/2015 à 22:56 :
Pas fusion, rachat. Donc pas de souci pour cette nouvelle entreprise suisse dirigée par un américain (double nationalité depuis 1 an (ah, ah, ah, qu'à t il de français...). Au revoir Lafarge, merci Lafont le guignol.

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