Le bois dans la construction: "Les idées reçues sont en train de passer"
César Armand
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"Le discours de preuve sur le bois existe. Les craintes un peu irrationnelles sur le mode « Ce n'est pas solide » sont derrière nous", estime Laurent Girometti, directeur général de l'établissement public d'aménagement EpaMarne-EpaFrance, ex-directeur...
SÉRIE (3/4). L'établissement public d'aménagement EpaMarne-EpaFrance, couvrant 44 communes du 77, 93 et 94, a voulu mesurer, avec la participation des promoteurs immobiliers, les coûts de construction de programmes de logements. Il en ressort que l'innovation et la transition environnementale sont possibles tout en maîtrisant les dépenses. Entretien avec son directeur général, Laurent Girometti.
LAURENT GIROMETTI - Si en tant qu'aménageurs, nous avons déjà une stratégie environnementale depuis longtemps, nous entendons souvent de la part des promoteurs : « financièrement, c'est compliqué » ou bien « c'est difficile ». C'est pourquoi nous avons voulu approfondir la question en regardant au plus près ces coûts de construction et les quantifier, considérant que nous avons un recul suffisant. Le résultat est limpide : ce n'est pas aussi binaire, il n'y pas un coût qui domine plus qu'un autre et on ne peut se contenter de pointer les exigences environnementales. Le coût de la construction est un tout, un ensemble. Nous pouvons atteindre des ambitions en jouant sur différents postes de coûts.
Ce travail a mis en évidence les enjeux liés à la programmation et au cumul des contraintes. L'équation économique tient la route avec une véritable performance écologique à condition de travailler sur l'ensemble des postes qui font le coût d'une opération.
Comment comptez-vous opérer la révolution culturelle chez les promoteurs ?
Nous travaillons déjà avec les promoteurs. C'est le propre des aménageurs d'être à leurs côtés, de la consultation à la signature de la promesse de vente, puis jusqu'à la livraison. Nous pouvons donc leur proposer des pistes d'amélioration pour anticiper les interactions entre les différents postes de dépenses, faire attention aux coûts et aux risques de surcoûts.
Ce ne sera pas non plus une révolution culturelle. Nous avons déjà engagé 5.000 logements en bois sur les 5 dernières années, soit 50% de notre production résidentielle, les savoir-faire progressent. Il n'y a pas pour autant un modèle unique pour tenir les coûts. Les très gros opérateurs jouent sur les volumes, pendant que des sociétés de taille plus réduite ont des partenariats avec des entreprises techniques performantes.
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