La première fédération d'organismes HLM a annoncé la fin des logements sociaux énergivores d'ici à 2027, lors de sa conférence de rentrée. Mais ses 660 adhérents devront jongler entre le flou des critères d'attribution gouvernementaux, la démolition-construction de logements neufs et les actuels questionnements sur l'ANRU et Action Logement.Dans le cadre du plan de relance présenté jeudi dernier, le monde HLM n'a pas été oublié. Après trois ans de relations conflictuelles avec l'exécutif, sa porte-parole Marianne Louis en est la première surprise. "500 millions d'euros pour la réhabilitation lourde, c'est une enveloppe vraiment intéressante", a déclaré la directrice générale de l'Union sociale pour l'habitat, la première fédération professionnelle du logement social avec 660 organismes représentés, lors de sa conférence de rentrée ce 7 septembre. "Le gouvernement n'est pas hostile à ce qu'on fasse des opérations exemplaires qui peuvent préfigurer une politique de long-terme", a-t-elle ajouté, en référence à d'actuelles discussions entre l'USH et le gouvernement.
Flou sur les critères d'attribution gouvernementaux
Le flou persiste toutefois sur les critères d'attribution de ce montant. "On propose que cette enveloppe soit distribuée par le fonds national des aides à la pierre (FNAP) pour discuter des critères et réaliser une évaluation collective dans les deux ans", a dit Marianne Louis interrogée par La Tribune.
"Après nous avoir ponctionné la moitié de notre autofinancement, soit 1 milliard d'euros, entre 2017 et 2018, l'Etat met dans la machine 500 millions pour qu'elle redémarre", regrette pour sa part Frédéric Paul, DG de l'USH de 2013 à 2018, et auteur d'HLM mon amour (Editions de l'Aube-Lettre HCL). "Est-ce que ce sera des prêts ? Des subventions ? Nous sommes sur une politique d'à-coups qui est la preuve d'une absence de vue à long-terme et de mise en perspective", réagit-il pour La Tribune.
Car selon la dernière étude du service des données et études statiques (SDES) du ministère de la Transition écologique, dont dépend le ministère du Logement, publiée le 2 septembre, il ne reste plus que 7% de passoires thermiques dans les habitats à loyers modérés (HLM). "Le parc social est sensiblement moins énergivore que le parc privé, ce qui s'explique par une forte prévalence du chauffage collectif au gaz, ainsi que par un effort de rénovation ciblé", a ainsi salué le SDES.
"Si on ne modifie pas trop les règles du fonds européen dedéveloppement régional (FEDER) et s'il n'y a pas de mauvais coup, on résorbera ces 7% restants d'ici à 2027",a assuré pour sa part Marianne Louis."Le mouvement est parfaitement capable de mettre fin aux passoires thermiques dans les délais indiqués. Encore ne faudra-t-il pas de signaux contradictoires",abonde Frédéric Paul.