Paris : macronistes de gauche et de droite veulent vendre des HLM

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220.000 demandeurs de logement social à la ville de Paris et un taux de rotation est de 4%.
220.000 demandeurs de logement social à la ville de Paris et un taux de rotation est de 4%. (Crédits : © Joe Penney / Reuters)
À l'occasion du Conseil de Paris qui se tiendra du mercredi 2 au vendredi 4 mai prochain, les conseillers de la capitale Parisiens progressistes, constructifs et indépendants (PPCI, ex-LR) et Démocrates et progressistes (ex-PS) proposeront « un plan quinquennal » visant à vendre, chaque année, 1 % du parc social de la Ville. L'exécutif parisien affiche déjà son désaccord.

« Le dispositif d'accession des logements HLM à leurs occupants sera amplifié par la création d'un outil dédié à cela, uniquement orienté vers l'accession par les occupants », est-il écrit dans la loi Évolution du logement et aménagement numérique (Élan), présentée en Conseil des ministres le 4 avril dernier et en cours de débat au Parlement.
Aussi, dans l'opposition à Anne Hidalgo au sein du conseil de Paris, deux groupes proches de la majorité présidentielle (mais ne prenant pas le nom d'En Marche à ce stade), les "Parisiens progressistes, constructifs et indépendants" (PPCI), venus de LR, présenteront, avec les "Démocrates et progressistes" (ex-PS) le même vœu : « un plan quinquennal » visant à vendre, chaque année, 1 % du parc social de la capitale.
Anne-Christine Lang, conseillère de Paris D&P et députée (LREM) de la 10e circonscription de Paris, défend ainsi « une question de fluidité et de mobilité dans le parcours social » :

« On a un problème avec la classe moyenne qui vit avec deux SMIC et les prix du marché à Paris. Même quand on a un peu plus de moyens, se pose toujours ce sujet d'accession à la propriété dans le parc privé ».

"Une politique des années 1970" selon l'adjoint au Logement

L'équipe d'Anne Hidalgo entend bien leur adresser une fin de non-recevoir, qualifiant cette proposition d'« aberrante ».

« La Ville déploie une énergie considérable à produire du logement social, s'agace Ian Brossat, maire-adjoint (PCF) chargé du Logement. On est la ville la plus dense d'Europe avec peu de parcelles disponibles ».

L'édile rejetant du même coup l'argument avancé par ses opposants selon lequel un logement social vendu permettrait d'en construire trois :

« À part en première, voire en deuxième couronne, je ne vois pas bien comment ils feraient. Ça me rappelle la politique des années 1970 qui consistait à virer les pauvres hors de Paris. Cela n'a rien de nouveau ! »

Faire baisser un peu les prix

Élue avec la majorité socialiste en 2014, Anne-Christine Lang dit, elle, avoir commis l'erreur de considérer, pendant longtemps, « que le logement social était l'Alpha et l'Oméga de la gauche et que le logement privé, c'était de droite ».
Aujourd'hui, et de gauche et de droite comme le président Macron, elle se montre donc sévère avec l'exécutif parisien :

« Il y a beaucoup de gens assez modestes qui sont mal logés à des prix exorbitants. L'idée d'avoir un parc social toujours plus important semble être la seule boussole dans cette majorité. »

Chez les macronistes de droite, le discours est sensiblement le même. Président du groupe PPCI, Alexandre Vesperini affirme vouloir « desserrer l'étau de cette difficulté » :

« Vous avez 220.000 demandeurs de logement social à la ville de Paris, sauf que le taux de rotation est de 4%. Mettre des logements sociaux sur le marché, ça permettrait donc aux occupants comme aux classes moyennes d'accéder à la propriété et mécaniquement de faire baisser un peu les prix. »

Cet élu du VIe tient ainsi à citer cet exemple du 93 bis rue du Cherche-Midi, dans le quartier de Montparnasse, où sur un programme neuf livré récemment, si un tiers des logements a été réservé au social conformément à la loi, le plus bel appartement s'est vendu... 41.000 euros le mètre carré contre 13.000 en moyenne dans l'arrondissement. « Le parc social grossit à mesure des constructions, mais pendant ce temps, le prix des biens augmente d'autant plus. »

Dans une ville-monde où le prix moyen du mètre carré avoisine les 9.330 euros, toutes les pistes semblent ouvertes pour loger toujours plus de demandeurs. En novembre dernier, Ian Brossat affirmait en effet « vouloir construire », misant beaucoup sur la transformation des bureaux vides en logements. Un dispositif depuis inscrit dans la loi Élan du gouvernement.

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Commentaires
a écrit le 01/08/2018 à 13:49 :
En même temps quel plaisir & quelle satisfaction peut-on gagner en menant une politique aussi inefficace qu'injuste; quand on est honni par une majorité de Français et moqué à l’international ? Allez les macronistes, patience, encore presque 4 ans à tirer, après c'est la quille ! En attendant vous pourrez toujours faire 36 15 code « MECS ».Allez courage, vous avez gagné la coupe du monde de foot quand même, vous avez un bon buteur, tout n’est pas perdu !
a écrit le 07/05/2018 à 17:32 :
Il ne faut pas se voiler la face .
Logement social = baisse de la valeur de l'immobilier au moins dans la quartier et par suite dans la ville avec des propriétaires qui désertent et des taxes qui ont plus de mal à rentrer .Ajoutez à çà des maires inconscients qui suppriment les places de parking en centre-ville et les boutiques désertent :Le schéma classique des villes moyennes de Province .
Réponse de le 31/07/2018 à 11:21 :
Avez-vous seulement lu l'article ? Il dit le contraire : la valeur immobilière augmente malgré l'augmentation du nombre de logement sociaux.
C'est bien dommage d'ailleurs, car une baisse, ou plutôt une chute de la valeur de l'immobilier à Paris comme ailleurs serait une excellente chose, peut-être la meilleure qui puisse arriver à notre économie.
a écrit le 05/05/2018 à 11:22 :
Nous allons bientôt vendre notre chemise.

Les quelques rares enseignes commercialisant de produits confectionnés avec du textile français à Paris sont en négociation exclusive pour être reprises avec des groupes Chinois !
a écrit le 03/05/2018 à 23:04 :
Est ce que un "sur loyer" existe pour ceux qui ont un quotient familial élevé...
a écrit le 03/05/2018 à 8:51 :
Comme si ce qui est banal en province devenait impossible a Paris !
Ou l'art de se foutre de la gueule du monde.
Il est grand temps de déboulonner cette irrresponsable.
a écrit le 02/05/2018 à 21:51 :
Macron de gauches non macron extrême droite la ok ?
a écrit le 02/05/2018 à 11:22 :
C EST UNE FACON POUR LES ORGANISMES DE LOGEMENT SOCIAL DE SE DEBARASSER DES LOGEMENT STROP COUTEUX A ENTRETENIR? . MAIS SI CELA SE FAIT IL FAUT CONTINUEZ A CONSTRUIRE L EQUIVALENT VENDUE A NOUVEAUX DES LOGEMENTS SOCIAUX AILLIEUR. ET EVITEZ DE LES CONSENTRER ENCORE DANS LES QUARTIERS DE BANLIEUX ABANDONNE DE LA REPUBLIQUE??? POUR QUE LES HOMMES SE PORTENT MIEUX IL FAUT AMELIORER LA SOCIETE LIBERTE EGALITE ET CONTRAT SOCIAL ///ROUSSEAU///
a écrit le 02/05/2018 à 10:29 :
Pas simple: dégager des moyens pour construire et rénover, et un immeuble détenu pour partie par des propriétaires serait probablement un peu mieux tenu (?) - quoique? est-ce un service à rendre à une partie des locataires actuels que de les inciter à acheter ce type de bien? Il doit y avoir tous les cas de figure...
Réponse de le 02/05/2018 à 23:53 :
Comme ils achèteraient a priori à crédit, il ne faudrait pas leur demander de travaux avant 20 ans.
a écrit le 02/05/2018 à 6:19 :
Un des gros frein à la propriété immobilière est la taxe foncière. L'incertitude et l'inéquité fiscale fait peur. Dans le domaine immobilier, les Français ne sont pas égaux face aux taxes. La taxe d'habitation correspond à l'obtention d'un service. La taxe foncière consiste à payer un droit de propriété. L'autre grand frein est le montant des mises aux normes des anciens bâtiments : isolation, électricité, plomberie, toiture...
a écrit le 02/05/2018 à 1:03 :
Tout ça pour abaisser le taux et maintenir une taxe sur l'insuffisance de logements sociaux.
a écrit le 01/05/2018 à 18:01 :
Meme avec la reduction consentie par l office HLM aux locataires par rapport au prix du marché, aucun habitant 'social' ne peut acheter un HLM a Paris;
Ce sera des locataires qui gagnent 5000 E/ Mois qui vont acheter (arrivés comment dans ce logement?)
- avec 40 % de réduction, et un petit engagement de ne pas revendre avant 5 ans, et en plus, l office HLM vous offre une garantie de reprise au prix d achat pour ne prendre aucun risque.
- des frais de notaire réduits a 3%, histoire d'etre bien sur de faire un bon coup, et enfiler ceux qui auraient besoin d'un toit au passage...
C'est pas beau, ça?
Le contribuable est escroqué au passage... parce pour atteindre le seuil SRU, il faut faire appel a des finances publiques.
Les Ripoux en Marche.
Réponse de le 02/05/2018 à 10:09 :
Le contribuable est escroqué quoi qu'il arrive: beaucoup de locataires restent dans leur logement une fois qu'ils gagnent bien leur vie et ensuite à la retraite. Dans mon immeuble parisien, plusieurs logements (certains faisant 100m2) servent de résidence secondaire à des retraités, arrivés dans les années 70. Ils ne sont pas riches, mais avec un loyer parisien de 500 euros, ils ont pu s'acheter un petit appartement à Paris, qu'ils louent. et ,'envisagent à aucun moment de quitter leur HLM.
a écrit le 01/05/2018 à 17:18 :
Paris : les CSP+ macronistes de gauche et de droite veulent vendre des HLM
a écrit le 01/05/2018 à 13:55 :
Il n'y a plus de macronisme de gauche. La gauche à voter pour éviter le Fhaine
il y a maintenant le macronisme d'extrême droite avec les évènement du col de l'échelle et le laisser faire de Colomb.
a écrit le 01/05/2018 à 10:36 :
La Politique de la Ville de Paris est un échec patent. Dans de beaux immeubles, on réserve à des apparatchiks ou à divers privilégiés, des appartements haut de gamme, à des tarifs sociaux ! Il y a bien longtemps que le PS ne se préoccupe plus du Peuple !
a écrit le 01/05/2018 à 10:04 :
Dur de comprendre Ian brossat,il est tres intelligent,mais sa politique de racheter a prix d’or des logements pour faire du social,rencherissant et rarefiant un marche au bord de l’explosion est dementielle....la question c’est pourquoi?
a écrit le 01/05/2018 à 9:44 :
les épines de cette équipée.. soif de de liquidité ! mais dans l incapacité de gérer convenablement ces quartiers
a écrit le 30/04/2018 à 19:34 :
Macronistes de gauche ???

La grippe peut-être ?
Réponse de le 30/04/2018 à 20:43 :
Bizarre... moi c'est macronistes de droite qui me paraît relever de l'oxymore...
Réponse de le 01/05/2018 à 10:20 :
"Bizarre... moi c'est macronistes de droite qui me paraît relever de l'oxymore... "

Pourquoi bizarre vous positionneriez vous automatiquement en opposition à ce que j'écris ? Vous pouvez avoir d'autres centres d'intérêt dans la vie aussi hein ?

Drôle de façon d'envisager du débat hein vu que subjectivité affirmée... -_-

Bref vous ne m'étonnez pas, hélas.
Réponse de le 01/05/2018 à 21:49 :
A de nombreux égards Macron s'inscrit dans la continuité de Hollande ; Il est donc de gauche.
Réponse de le 02/05/2018 à 8:39 :
"A de nombreux égards Macron s'inscrit dans la continuité de Hollande ; Il est donc de gauche. "

Non il est néolibéral comem Macron, or l'essence du néolibéralisme reste d'origine oligarchique seulement lié à la rente.

Alors votre obsession étrange veut appeler ça "gauche", déjà dire que hollande est de gauche est plus que suspect hein, on a bien vu le mal qu'il a fait et ensuite le mac ne sert que lesp lus riches, cela reste donc une politique de droite, nulle, oligarchique et donc inégalitéiare mais l'idéologie est de droite. Ce n'est pas parce que ce n'est pas là droite que vous pesnez ou que je pense que ce n'est pas de la droite, arrêtez avec vos fixettes un peu...

"Macron veut supprimer l'"exit tax"" https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1I30GB/macron-veut-supprimer-l-exit-tax.html

C'est la gauche qui supprimerait l'impôts sur les riches donc ? :D

Allez si c'est pour troller lâchez moi vraiment sinon je vais finir par vous resignaler, merci.

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