Les promoteurs déclenchent l'opération séduction auprès des élus locaux

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Le rêve des promoteurs: des grues partout en ville.
Le rêve des promoteurs: des grues partout en ville. (Crédits : REUTERS/Tobias Schwarz)
Après un premier trimestre catastrophique, notamment du fait du confinement, les promoteurs immobiliers lancent une campagne de communication à destination des maires. Les professionnels du logement neuf veulent être "le moteur voire la locomotive" de la relance.

"Aidons la ville de demain à sortir de terre". C'est le nouveau slogan de la Fédération des Promoteurs Immobiliers (41,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires revendiqué, 32.300 employés, 630 sociétés et 18 chambres régionales). Alors que le nouveau gouvernement met l'accent sur la rénovation, et que la construction s'est arrêtée pendant le confinement, les professionnels du logement neuf veulent montrer qu'il faudra compter sur eux pour la relance du pays.

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Une campagne à destination des élus locaux

"C'est une campagne de communication à destination des élus locaux pour les sensibiliser au sujet du logement neuf et de la ville durable", a expliqué ce 16 juillet la présidente de la Fédération des Promoteurs Immobiliers de France (FPI) Alexandra François-Cuxac lors d'une visioconférence de presse. Le visuel qui sera diffusé via des supports papiers et numériques comprend les mots-clés "construction bas-carbone", "végétalisation", "inclusion", "modularité", "mixité des usages" ou encore "vivre-ensemble".

FPI

À l'inverse des prises de parole précédentes, où il était question de "paralysie" du secteur du fait de la Covid-19 ou de "résignation à l'hyperadministratif et à l"hyperréglementé" bloquant les projets, le ton employé est positif, voire optimiste. "Nous ne voulons pas être dans la dramatisation ou l'anxiété, mais dans le pragmatisme pour être le moteur voire la locomotive de la relance" a dit encore Alexandra François-Cuxac.

Même le départ du ministère du Logement du super-ministère de la Cohésion des territoires pour le ministère de la Transition écologique ne chagrine pas la patronne de la FPI. "Nous ne sommes pas inquiets, mais nous réclamons des approches qui ne soient pas dogmatiques mais pragmatiques", a-t-elle insisté. D'autant que si la rénovation peut permettre de remettre des logements quasi-neufs sur le marché, elle ne suffit pas pour répondre à la demande.

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Un credo qui ratisse large

Aussi, pour séduire les maires qui viennent d'être (ré)élu(e)s et qui détiennent encore et toujours le monopole du permis de construire, les professionnels du logement neuf martèlent qu'ils savent "transformer la ville pour la moderniser et mieux répondre aux attentes des ménages (nouveaux usages, connectivité, évolutivité, adaptation au vieillissement ou au handicap" mais aussi "la rendre plus durable (protection de la santé, adaptation au changement climatique". Là encore, le credo ratisse large: "faire une ville durable, verte, agréable et abordable".

Alexandra François-Cuxac semble même avoir préparé des éléments de langage pour ses adhérents: "Le logement neuf est la clé du renouvellement urbain: il met 400.000 logements performants sur le marché chaque année, et les recettes qu'il dégage permettent de le financer", a-t-elle ainsi déclaré. "Le logement neuf est déjà vert et performant. Avec la réglementation environnementale 2020, il le sera encore davantage", a-t-elle poursuivi. Elle n'en démord pas: "C'est une question du quotidien. Nous sommes les mieux placés pour produire la ville cohérente de demain".

Vers un "dialogue nourri" entre les maires et les promoteurs ?

Pour relancer la machine productive sur le terrain, la Fédération des Promoteurs Immobiliers a par ailleurs adressé une liste de propositions à la nouvelle ministre du Logement Emmanuelle Wargon. Parmi elles, une piste évoquée par le cabinet de son prédécesseur Julien Denormandie, mais jamais instaurée par le gouvernement: l'encouragement des maires bâtisseurs via des aides budgétaires et en ingénierie. Les professionnels du logement neuf rêvent aussi de "mécanismes de contrainte des maires malthusiens", c'est-à-dire obliger ceux qui refusent de construire à impulser des opérations.

Sur le fond, ces demandes apparaissent comme légitimes, sachant que même en zone tendue, c'est-à-dire là où l'offre est inférieure à la demande, des élus locaux rechignent parfois à se lancer, prétextant qu'il leur faudra également ériger des écoles et des équipements publics, sans retour sur investissement immédiat. Sur la forme, cela peut braquer des maires, qui jonglent déjà difficilement entre la baisse constante des dotations globales de fonctionnement et les dépenses nouvelles liées à la crise sanitaire.

En réalité, au niveau national comme au niveau régional, la FPI travaille déjà "quotidiennement" avec les édiles et les associations d'élus locaux, qui sont en train de renouveler leurs bureaux. "Ce ne sont pas des corps intermédiaires inutiles", rappelle sa présidente qui espère, en ce lendemain d'élections municipales et intercommunales, un "dialogue nourri" entre les acteurs économiques et les décideurs politiques.

Lire aussi : Logement neuf: les promoteurs immobiliers fustigent la "diabolisation" de la ville

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Commentaires
a écrit le 17/07/2020 à 13:30 :
"Aidons la ville de demain à sortir de terre"

Et ben on a pas le c.. sorti des ronces moi je vous le dis...
a écrit le 16/07/2020 à 18:56 :
operation seduction?
les valises de billets vont circuler alors? ah ben non, c'est officiellement interdit depuis les lois ' mains propres', hein?

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