Bien qu'élue En Marche, la députée de l'Isère Marjolaine Meynier-Millefert n'hésite jamais à revêtir sa casquette de co-animatrice du plan de rénovation énergétique des bâtiments pour interpeller le gouvernement et l'inviter à agir davantage en matière de réhabilitation. Aux côtés de Dominique Naert, directeur du mastère spécialisé Immobilier bâtiment durable de l'Ecole des Ponts-Paris-Tech et auteur d'une thèse professionnelle sur la mutation des compétences des artisans et ouvriers du bâtiment, la parlementaire appelle à recruter, à accompagner et à qualifier les artisans experts.
LA TRIBUNE : Dans la continuité du président Macron qui a promis le 14 juillet un grand programme de rénovation des écoles et des EHPAD en lien avec les collectivités, le Premier ministre Jean Castex vient d'annoncer que le plan de relance mobilisera près de 20 milliards d'euros, notamment pour la rénovation thermique des bâtiments. Une bonne nouvelle, alors que la France est en retard sur cette question ?
MARJOLAINE MEYNIER-MILLEFERT & DOMINIQUE NAERT : La rénovation des bâtiments devient avec raison, à la lumière des crises des Gilets Jaunes et de la Covid-19, l'une des voies majeures pour l'emploi et la relance. Réconcilier ambition environnementale et justice sociale, renforcer le bien-être sanitaire, maîtriser la balance commerciale française en matière énergétique, tout concourt à faire consensus.
La convention citoyenne, en proposant avec audace d'avancer à 2040 l'objectif basse consommation et neutralité carbone dans le bâtiment, nous invite à accélérer le pas. Il devient ainsi impérieux de se demander sans détour à quelles conditions l'offre de services disponible dans le pays permettra d'accompagner efficacement cette amplification de l'action de rénovation.
Le nouveau président de fédération française du bâtiment (FFB) s'est récemment fixé l'objectif d'atteindre 500.000 rénovations par an. Un but inscrit à l'agenda depuis le Grenelle de l'Environnement de 2007 mais il n'a jamais été atteint...
Ce sont les artisans et les ouvriers qui mènent aujourd'hui l'essentiel des rénovations que chacun commente à l'envie. Ils sont environ 600.000, soit 40% des professionnels du secteur du BTP, à travailler effectivement sur les chantiers de rénovation. Si l'on retient les seuls travaux énergétiques, on peut considérer que 200 à 300.000 d'entre eux sont à plein temps sur la rénovation énergétique et on estime qu'ils parvenaient à réaliser en 2017 entre 350 et 400.000 rénovations par an. Olivier Salleron, le président nouvellement élu de la FFB, se fait fort, à condition d'avoir un plan de relance suffisant, d'atteindre prochainement 500.000 rénovations par an. C'est une bonne nouvelle.